Le fils de l'ex-maire de Montréal obtient une absolution conditionnelle et n'aura pas de casier judiciaire, après avoir plaidé coupable à des accusations de fraude sur Internet. Le tribunal a pris en considération la grande médiatisation du dossier d'Alexandre Coderre, au palais de justice de Montréal.

Un texte de Geneviève Garon

« L'absolution est dans l'intérêt véritable d'Alexandre Coderre », a déclaré la juge Sylvie Durand, de la Cour du Québec. « Il est jeune, a plaidé coupable, n'a aucun antécédent judiciaire, est sur la voie de la réhabilitation, a des remords, travaille à temps partiel et étudie dans le but de devenir un actif pour la société. Son passage dans le processus judiciaire l'a marqué. »

Le jeune homme de 22 ans était accompagné de ses parents, mardi, pour connaître la peine qui lui serait imposée. La juge s'est rendue aux arguments de la défense qui demandait au tribunal de ne pas imposer de casier judiciaire à l'étudiant qui sera appelé à voyager s'il réalise son rêve d'être journaliste sportif.

La poursuite avait pour sa part proposé une peine avec sursis, ce qui lui aurait occasionné un casier judiciaire.

Entre 2015 et 2017, Alexandre Coderre a utilisé des cartes de crédit de sa famille pour payer des services de clavardage en ligne, mais a prétexté avoir été victime de vol.

Son père, Denis Coderre, a alerté la police et le jeune homme s'est enlisé dans les mensonges, de sorte que l'enquête s'est étirée pendant un an.

En septembre dernier, l'étudiant a plaidé coupable à quatre chefs d'accusation de fraude de moins de 5000 $ et un chef de méfait.

La juge a tenu compte de la thérapie qu'il suit pour soigner son problème de cyberdépendance et des 5600 $ qu'il a remboursés de sa poche aux fournisseurs Internet.

Une grande médiatisation

« L'humiliation publique » subie par le jeune homme lui a aussi permis d'éviter une peine plus sévère, puisque la notoriété de son père a entraîné une grande médiatisation de son dossier.

« Alexandre Coderre portera ce stigmate longtemps (...) Il suffira de faire une recherche de son nom sur le web pour que cet épisode de sa vie remonte à la surface et continue à le stigmatiser », a affirmé la juge Durand.

« Normalement, ce n'est pas en soi un facteur atténuant la médiatisation, a soutenu la procureure aux poursuites criminelles et pénales Fannie Turcot, à sa sortie de la salle d'audience. Mais (dans ce cas-ci) ce n'est pas une personne publique qui a commis un acte criminel, mais c'est rendu public de par son père. Voilà la distinction et la nuance que la juge a retenues », a-t-elle expliqué.

Alexandre Coderre et ses parents n'ont pas fait de commentaire à leur sortie de la salle d'audience. L'avocat du jeune homme a mentionné que son client est « soulagé » et « assez serein dans le processus ». « C'est quelqu'un qu'on ne reverra pas dans le système de justice, a affirmé Me Conrad Lord. Son passage a été douloureux, constructif... »

Alexandre Coderre s'est aussi engagé à faire 240 heures de travaux communautaires.

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