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Pas de nouvelles de la Canado-Iranienne Homa Hoodfar

On est toujours sans nouvelles de la Canado-iranienne Homa Hoodfar, détenue à la prison d'Evin en Iran, mais sa famille croit en savoir un peu plus sur les motifs de son arrestation.

Un reportage d'Azeb Wolde-Giorghis

Vivant dans l'inquiétude et l'incertitude depuis 17 jours, Amanda Ghahremany a emménagé chez sa tante Homa Hoodfar dont elle est sans nouvelles depuis le 6 juin dernier.

« J'ai l'impression de marcher sur des oeufs en feu », dit-elle visiblement ébranlée par l'absence de nouvelles de sa tante.

Partie en Iran en février visiter sa famille et effectuer quelques recherches académiques, la professeure de sociologie de l'Université Concordia, à Montréal, est arrêtée au mois de mars. Elle subit alors un interrogatoire et se fait confisquer son passeport et son ordinateur, ce qui l'empêche non seulement d'avoir des contacts avec l'extérieur, mais également de revenir au Canada. Le 6 juin elle est emprisonnée.

Depuis, même son avocat n'a pu communiquer avec elle. « La seule chose que je sais, c'est qu'elle est dans une branche 2A de la prison d'Evin, c'est une branche contrôlée par les gardiens de la révolution, mais on n'a pas beaucoup d'information. »

Se référant à un site iranien proche du pouvoir, Mme Ghahremany affirme qu'Homa Hoodfar serait soupçonnée de commencer une révolution féministe en Iran. On la soupçonnerait également d'appartenir à un réseau de conspiration féministe.

Sur le site mashreghnews apparait une liste de femmes iraniennes, dont la vice-présidente aux affaires féminines Shahindokht Molaverdi.

« Ce sont des accusations sans fondements », affirme Mme Ghahremany en ajoutant qu'elle ne sait pas si Homa Hoodfar connait toutes les femmes de cette liste.

Le Canada n'a pas d'ambassade à Téhéran depuis 2012, ce qui complique les négociations diplomatiques. Le gouvernement fédéral affirme que cette affaire demeure une priorité, et que pour des raisons de confidentialité, il ne peut divulguer des informations sur les actions du gouvernement dans ce dossier.

L'ancien ambassadeur du Canada en Iran de 1997 à 2001, Michel de Salaberry, déplore la rupture des relations diplomatiques avec l'Iran.

« Ce serait très utile d'avoir un représentant sur place pour prendre le pouls de la situation, pour savoir ce qu'on lui reproche, quelles sont les agences iraniennes qui l'ont arrêtée et pour essayer d'identifier sur place des gens qui sont plus favorables aux relations avec le Canada », dit-il.

Selon Samir Saul, professeur d'histoire de l'Université de Montréal, malgré des signes d'ouverture, le pays est toujours sur le qui-vive. Le vrai pouvoir reste entre les mains du clergé et du guide suprême, l'ayatollah Khamenei. Les gardiens de la révolution contrôlent entre autres l'armée et les services de renseignements.

« L'inquiétude première en Iran, c'est la subversion. C'est la crainte qu'il y ait un renversement de régime à caractère violent, fomenté et soutenu de l'extérieur », affirme le professeur.

En attendant, près de 5000 personnes ont signé une pétition pour libérer Homa Hoodfar.

Sa nièce Amanda livre un autre message à Téhéran : « Ma tante n'a rien fait, c'est quelqu'un avec beaucoup d'intégrité et qui travaille pour améliorer la condition des femmes. » Elle espère que son message aura une résonnance en Iran.

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