Patrice Bernier, nouveau retraité, vient d'entamer sa nouvelle carrière d'entraîneur au sein de l'Académie de l'Impact. Et maintenant que ses crampons sont accrochés, il se permet aussi d'être un partisan.

Un texte de Michel Chabot

« Comme tout le monde, je suis fan maintenant avant tout même si je travaille au club, raconte Bernier, rencontré au terme d'une conférence de presse d'un événement à but caritatif. Je veux voir une équipe qui va être super compétitive. »

L’ancien capitaine a toutefois peut-être un peu de mal à reconnaître l’équipe, après les nombreux changements survenus pendant la saison morte.

« Le visage de l’Impact change, rajeunit maintenant, dit celui qui portait le numéro 8 à Montréal. Un nouvel entraîneur, c’est une nouvelle ère. Les gens s’étaient liés à Patrice Bernier, Hassoun Camara, Laurent Ciman et d’autres visages qui ne sont plus là. Comme fans, on veut avoir des annonces, mais je suis pas mal sûr que le club travaille fort pour amener les meilleurs éléments pour avoir la meilleure équipe possible sur le terrain. »

Le départ de Ciman vers Los Angeles a peiné ses anciens coéquipiers, dont Bernier qui lui a passé un coup de fil après l’échange.

Ciman et Camara sont partis, tout comme Ambroise Oyongo, qui a récemment signé avec Montpellier, en Ligue 1 de France. Les observateurs commencent à s’impatienter de savoir qui les remplacera au sein de la défense montréalaise, à moins d’une semaine du début du camp d’entraînement.

« Tu vois beaucoup de monde qui part et tu n’as pas eu d’annonce encore, admet Bernier. Mais je regarde les autres équipes, il y en a qui ont eu de gros changements aussi, qui ont changé d’entraîneurs. Je connais le monde du soccer.

Quand on change l’entraîneur, peut-être que des joueurs, qui avaient consenti d’arriver, n’arriveront pas. Peut-être que des choses ont été mises sur glace. »

Embauché en novembre, l’entraîneur-chef Rémi Garde s’est entouré d’un nouveau personnel d’adjoints, Wilfrid Nancy étant le seul survivant de l’ère Biello. Et depuis son arrivée à l’Académie, Bernier a fait connaissance avec le Français.

« Je le croise dans le couloir, je croise tout le staff, ça fait un petit bout de temps que je les vois donc on échange. Ma porte est ouverte pour les aider, peu importe quelle information ça peut être. »

Quant à Nancy, l’ancien milieu de terrain considère qu’il sera d’une aide précieuse pour son nouveau patron qui se familiarisera avec le soccer nord-américain.

« Il connaît la ligue et il connaît peut-être un peu comment Rémi Garde fonctionne. Il va apporter son expertise et informer le plus rapidement possible pour que les ajustements soient faits.

Deuxième carrière

Patrice Bernier confie ne pas avoir pleinement réalisé qu’il ne jouera plus, que son avenir au soccer se situera désormais sur les lignes de côté.

Il porte maintenant le chapeau d’entraîneur à l’Académie de l’Impact où l’équipe forme la relève.

« Je connais le soccer, mais je l’analyse d’une différente façon, du point de vue du développement et je pense que ça m’aide beaucoup pour façonner ce que je veux faire dans le futur si jamais j’ai la chance d’être entraîneur-chef ou de faire partie de l’équipe première.

« J’ai commencé la semaine passée avec Eddie Sebrango. Ça va bien, mais je pense que j’apprends plus d’eux qu’ils n’en apprennent de moi. »

Bernier n’est pas inquiet pour les jeunes joueurs québécois de l’Académie même si Mauro Biello n’est plus à la tête de l’équipe. Maxime Crépeau et Jean-Yves Balou Tabla ont laissé entendre à l’Impact qu’ils veulent quitter le bateau.

On peut aussi se demander si Garde est entiché à l’idée de faire jouer Samuel Piette ou Louis Béland-Goyette, par exemple.

« Ce qui me rassure, c’est le passé de Rémi Garde parce qu’à Lyon il a fait jouer beaucoup de jeunes qui sont maintenant dans d’autres gros championnats. C’est à Samuel ou à Jackson-Hamel et compagnie de prouver qu’ils peuvent être dans le onze partant. »

Bernier, qui a défendu les couleurs du Canada à la Gold Cup en 2017, ne s’attendait pas au départ de l’entraîneur-chef Octavio Zambrano, embauché l’année dernière pour quatre ans.

« Très surpris! Il a apporté un vent de fraîcheur, de l’optimisme, estime le Québécois de 38 ans. Il a donné des chances à beaucoup de jeunes. À la fédération canadienne, on voulait peut-être du changement, on n’était peut-être pas satisfait de certaines choses. Là, on a choisi Herdman (John) qui a tout fait du côté féminin. Il a eu du succès et il a changé l’organigramme du côté féminin chez les jeunes. Peut-être qu’on sent qu’il va faire une restructuration du côté masculin. Et il a du temps devant lui parce qu’il n’y a pas de matchs de qualification avant quelques années. »

Redonner à la communauté

Comme l’année dernière, l’ancien athlète est au cœur d’un match-bénéfice qui regroupera plusieurs célébrités, dont Hassoun Camara, Dwayne De Rosario et même le chanteur Corneille.

L’événement « Patrice Bernier et ses amis » qui aura lieu le 17 février au Centre Pierre-Charbonneau de Montréal vise à recueillir des fonds pour la Maison d’Haïti, un organisme communautaire avec lequel son père est impliqué.

« Depuis presque 25 ans, mon père a aidé d’une façon ou d’une autre, étant un immigrant arrivé dans les années 70, explique-t-il. On m’a demandé d’être ambassadeur, c’est venu logiquement.

« Il y a des nouveaux arrivants qui sont réfugiés, mais il y avait beaucoup de jeunes déjà qui avaient besoin d’aide. Avant tout pour moi c’est l’espoir, récolter le plus de fonds pour leur permettre d’avoir plus d’espoir dans leur rêve. »

Plus d'articles

Vidéo du jour


L'art d'être le parfait invité