Selon son père, Patrice Bernier joue au soccer comme Saku Koivu pratiquait le hockey, c'est-à-dire à fond de train et toujours bien. Deux capitaines à la couenne dure qui ont su gagner la faveur du public montréalais.

Un texte de Jean-François Poirier

Jean et Gladys Bernier ont fait un passage remarqué au centre d'entraînement de l'Impact vendredi.

« On est comme des vedettes, grâce à Patrice. On a compris ça », lance Jean Bernier sous le regard gêné de sa femme qui ne s'attendait pas à recevoir autant d'attention.

« Patrice, il joue toujours bien. Je le compare à l'ex-petit capitaine du Canadien, dit-il en cherchant à se souvenir du nom de l'ex-numéro 11 du CH. Saku Koivu n'a jamais joué un mauvais match. Patrice non plus. Mais il y a des matchs durant lesquels il est supérieur, si vous comprenez ce que je veux dire... »

Cette comparaison avec un joueur de hockey n'est pas si étonnante puisque les Bernier ont vu grandir leur garçon dans cet univers. Défenseur étoile des Foreurs de Val-d'Or dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, il a finalement opté pour le soccer.

« Je l'ai poussé vers le soccer. C'est notre sport national », avoue sa mère Gladys, d'origine haïtienne, qui souriait en écoutant son mari raconter plein d'anecdotes de l'époque où Patrice pratiquait les deux sports.

« Un entraîneur de hockey a déjà dit durant les éliminatoires que Patrice sortirait de la patinoire les pieds devant. Avec l'aide d'un avocat, j'avais aussitôt écrit une lettre à Gilles Courteau pour exiger des excuses, se souvient Jean Bernier, qui n'entendait pas à rire cette fois-là. Le commissaire avait tenté de minimiser la situation, que le monde du hockey était comme ça, mais je n'ai rien voulu entendre. Quelques semaines plus tard, j'ai reçu une lettre de l'entraîneur (qu'il n'a pas nommé) qui tenait à s'excuser. C'était une tactique pour déstabiliser Patrice. »

Fierté

Oui, Jean Bernier a la parole facile. C'est un père proche de son fils. Il dit même de Patrice qu'il est son meilleur ami. Mais il est surtout fier de lui, de ce que Patrice a accompli durant sa riche carrière en Europe et avec l'Impact en Amérique du Nord.

« Selon moi, il peut encore jouer une saison, comme il faut. Et une autre à temps partiel, peut-être comme joueur-entraîneur. Patrice est en pleine forme, assure son père. Il a une hygiène sportive exceptionnelle et il ne fait pas d'excès. On en parle en famille, je pense qu'il aimerait rester associé au soccer après sa carrière. »

Le capitaine de l'Impact en est à sa dernière année de contrat avec l'équipe. Âgé de 37 ans, Bernier connaît une fin de saison formidable qui dépasse sûrement les attentes de l'ex-entraîneur du onze montréalais Frank Klopas qui, en 2015, ne le faisait même plus jouer.

« Nous lui avons enseigné à ne jamais trahir ses racines, se souvient Jean Bernier afin de décrire la volonté de son garçon de ne pas exiger un transfert. C'est ce qu'il a fait. Tu respectes tes collaborateurs et ton contrat. Patrice relève les défis. C'est sa plus grande qualité. »

Patrice Bernier ne discute pas souvent de son avenir. Encore moins durant les éliminatoires. Mais on devine qu'il aimerait poursuivre son association avec l'Impact.

L'amour du public

Chaque fois que Patrice Bernier quitte le terrain, les spectateurs se lèvent instantanément pour l'applaudir au stade Saputo. Cette marque d'affection fait chaud au coeur à ses parents.

« Le public suit la trace des médias qui l'ont toujours fait bien paraître, affirme son père. Je n'ai jamais rien lu ou vu quelque chose de négatif à son sujet. Je veux vous remercier. Il le mérite. »

Gladys et Jean Bernier sont ensuite partis avec leur fils pendant que les journalistes se tournaient vers les coéquipiers de Patrice.

Sa mère n'avait qu'une demande à lui formuler.

« Nous n'avons jamais rencontré Didier Drogba, précise-t-elle. C'est un grand joueur. J'aimerais bien le voir en personne. »

On devine que Patrice, en bon capitaine et fils exemplaire, a fait son devoir.

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