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Patrick Roy à la place de Marc Bergevin? Eh non!

BILLET - Ma chronique de la semaine dernière sur le possible remplacement de Marc Bergevin à la direction générale du Canadien par Patrick Roy a fait beaucoup de bruit et suscité beaucoup de réactions. Je n'insiste pas. La décision est prise. Mais je vous ai lus et entendus. Et ne serait-ce que pour vos réactions et pour le plaisir de la discussion, j'y reviens...

Geoff Molson a choisi la patience. Il a été loyal à Marc Bergevin en qui il a encore confiance. Décision prise. Dossier réglé. Tant mieux si Bergevin redresse la barque.

Cette barque-là est d’ailleurs LE seul point commun entre vous, partisans du Canadien, partisans de Bergevin ou partisans du changement.

Une très large majorité des opinions que j’ai recueillies était favorable au changement. Une petite majorité soutenait la candidature de Roy. Ceux qui s’y opposent évoquent quatre raisons très défendables pour repousser Casseau.

Les voici :

Roy n’a pas d’expérience

Il n’a jamais été directeur général dans la Ligue nationale. C’est un fait.

Cependant, il existe trois types de candidats : le directeur général actuellement en poste, l’ex-directeur général qui a perdu son emploi et le candidat sans expérience.

Tous les candidats de la première catégorie ne sont pas disponibles. Ils sont sous contrat. Si vous excluez les candidats sans cette précieuse expérience dont Roy est dénué, ça vous limite à la deuxième catégorie : d’anciens directeurs généraux sans emploi. Préférer un gars congédié à un autre sans expérience, c’est un point de vue. Et c’est votre droit. George McPhee, actuel directeur général des Golden Knights de Vegas, est l’exemple le plus fréquemment cité.

Julien Brisebois

La candidature préférée des gens favorables au changement, mais allergiques à Patrick Roy est celle de Julien Brisebois, actuellement adjoint au directeur général chez le Lightning de Tampa Bay et directeur général du club ferme du Lightning, à Syracuse.

Il est respecté. Il connaît le marché montréalais. C’est un excellent candidat. Vous avez raison.

Il a plus d’expérience que Roy dans ce rôle bien qu’il ne l’ait jamais exercé dans la LNH.

Ce qui est amusant, c’est que sa feuille de route, son parcours, la qualité de son organisation, ses antécédents et son expertise ressemblent énormément au curriculum vitae du gars qu’on a embauché en 2012. Il s’appelait Marc Bergevin.

Le caractère de Roy

Au fil des ans, Patrick Roy a défrayé la manchette pour ses sautes d’humeur dans sa vie professionnelle et même dans sa vie personnelle.

C’est un lourd handicap selon plusieurs d’entre vous. Vous ne voulez pas confier l’équipe à un homme que vous considérez comme impulsif et que vous croyez capable d’échanger la moitié de l’équipe un soir de contrariété.Encore là, vous avez raison d’exprimer des réserves. On n‘est jamais trop prudent.

Mais Roy a maintenant 52 ans. On présume qu’il a mûri. Si on s’appelle Geoff Molson, on peut même poser quelques questions à ce sujet, à gauche et à droite.

Et puis le poste de directeur général expose moins à une gaffe immédiate que celui d’entraîneur, par exemple. Dans un match, dans le feu de l’action, derrière le banc, on est plus sujet à un emportement, à une réaction excessive.Dans un bureau ou sur la passerelle, avec un bon entourage, un conseiller spécial (en anglais on parle de senior advisor), on réfléchit davantage, on laisse retomber la poussière.

Et si on est le moindrement mature, on s’interdit à soi-même de prendre une décision en mode réaction.

Il s’est éloigné du hockey

Ah! Là, vous marquez un point. Je ne connais pas la vie privée ni les relations de Patrick Roy, mais il est plausible de croire que son réseau de contacts a pu s’effriter. Ça pourrait représenter un handicap dans sa relation avec ses homologues, entre autres.

Cependant, pour les activités à l’interne, souvenons-nous que le directeur général est un coordonnateur avant tout. Il ne s’occupe pas du développement des joueurs, un spécialiste s’en charge. Il ne s’occupe ni du recrutement amateur ni du recrutement professionnel. Pour ça aussi, il y a des spécialistes au sein de l’organisation. Il ne dirige pas les joueurs. Il y a un entraîneur pour ça.

Il intervient en dernier ressort. Il a le dernier mot. Et là, ça devient aussi une question d’instinct.

Bonne chance Marc!

Mon métier m’interdit d’être partisan du Canadien. Je l’ai été toute ma jeunesse et ça a demandé tout un conditionnement pour m’en distancer. Parfois, l’enfant remonte en moi, j’avoue. Pas vous?

Mais pour le bonheur des partisans, pour la bonne humeur ambiante quand l’équipe gagne, pour les printemps-hockey à Montréal, pour les enfants drapés dans le Tricolore : bonne chance Marc Bergevin!

Je me fie davantage à toi... qu’à l’expérience client.

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