Les infirmières de l'unité de soins intensifs néonatals du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) lancent un cri d'alarme. Le manque de personnel, disent-elles, met la sécurité de leurs jeunes patients en danger. Le nouvel Hôpital de Montréal pour enfants a même dû fermer des lits, en attendant de recruter plus d'infirmières.

Un texte de Marie-Ève Maheu

« Les infirmières sont conscientes qu'elles n'ont plus le temps de donner des soins sécuritaires », affirme la présidente du Syndicat des professionnelles en soins infirmiers et cardio-respiratoires du CUSM, Denyse Joseph.

« Ça pourrait arriver, la mort d'un bébé. On veut justement éviter d'en arriver là », explique-t-elle.

Dans une déclaration écrite, le CUSM, qui chapeaute l'Hôpital de Montréal pour enfants, dit être en phase de recrutement : 20 postes d'infirmières ont été affichés.

« Nous croyons que le processus d'embauche visant à pourvoir ces 20 postes sera terminé d'ici le milieu de l'automne », indique l'établissement anglophone.

Sept lits fermés

Pendant ce temps, le CUSM a été forcé de réduire le nombre de lits en néonatologie de 52 à 45.

Mais le syndicat estime que c'est insuffisant. Chaque infirmière doit toujours prendre soin de trois bébés malades, alors que le ratio devrait varier d'un à trois patients, selon la lourdeur des cas.

« Si j'ai trois petits bébés et que ma collègue en a trois, les petits bébés sont plus à risque. Et quand une des deux (infirmières) va partir en pause, j'en ai six dont je dois prendre soin », dénonce Mme Joseph. Selon elle, le système en place permet aux infirmière de suivre les signes vitaux de seulement trois bébés à la fois.

Elle ajoute que le travail des infirmières est compliqué par la nouvelle configuration des chambres. Depuis le déménagement des unités de soins intensifs de l'Hôpital de Montréal pour enfants et de l'Hôpital Royal Victoria vers le CUSM, chaque bébé a sa chambre.

C'est une bonne façon de réduire la transmission des infections,  dit Denyse Joseph, mais « la distance entre les chambres fait en sorte que ça prend plus de temps à l'infirmière pour se rendre aux patients ».

La préparation des déménagements, au printemps, avait aussi mis sur la glace l'embauche et la formation de nouvelles infirmières. 

Le bureau du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, affirme que le plan élaboré par le ministère et le CUSM, qui prévoit l'embauche de nouvelles infirmières, doit permettre de rouvrir tous les lits.

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