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Pénurie de terrains de tennis intérieurs à Montréal

Pendant que le maire de Montréal annonce des millions de dollars pour le développement du baseball, la pénurie de terrains de tennis s'aggrave. Des centaines d'amateurs, dont un nombre grandissant de jeunes, sont privés de leur sport favori, faute de place durant les six mois de la saison froide. 

Un texte de Thomas Gerbet

Pour parvenir à jouer sur les rares terrains de tennis intérieurs de Montréal, il faut de la persévérance et même un peu de chance. « La fin de semaine ou le soir après le travail, c'est pratiquement impossible », raconte Renaud, un joueur occasionnel rencontré dans le vestiaire du stade Uniprix. L'homme d'une cinquantaine d'années joue donc en semaine, durant ses heures de travail.

Chaque jour, 350 personnes se précipitent dès l'ouverture des lignes de réservation du stade qui renferme 16 des 20 terrains de tennis intérieurs publics de Montréal. Il n'est pas rare d'attendre une vingtaine de minutes au téléphone avant d'apprendre qu'il n'y a plus de place. Nous avons fait l'essai : 

Pour écouter notre tentative de réservation sur votre appareil mobile, cliquez ici

De 50 % à 60 % des terrains du stade Uniprix sont réservés pour les cours et donc indisponibles pour les joueurs occasionnels. Il existe par ailleurs quatre terrains intérieurs publics au complexe Claude-Robillard, mais ils sont ouverts seulement quelques heures par jour. Pour le reste, il faut se tourner vers quatre ou cinq clubs privés qui exigent des abonnements de plusieurs centaines de dollars par année. 

Des centaines de jeunes joueurs privés de cours

Durant le printemps et l'été, 2500 jeunes montréalais suivent des cours dans les terrains extérieurs. Mais l'hiver et l'automne, « il n'y a de la place que pour 185 à 200 » personnes, explique Nicole Nobert, directrice générale de Tennis Montréal. Les autres sont envoyés dans les clubs privés, quand leurs parents peuvent les payer, ou bien ils ne jouent tout simplement pas au tennis.

Nicole Nobert doit faire face au mécontentement des parents et elle se désole de ne pouvoir satisfaire que « 10 % de la demande ». C'est d'autant plus frustrant qu'elle remarque une hausse de l'intérêt pour le tennis « depuis deux ans », particulièrement chez les petites filles, en raison des résultats des jeunes talents canadiens Milos Raonic et Eugénie Bouchard.

La directrice générale de Tennis Montréal affirme avoir fait part à maintes reprises du manque de terrain aux agents de développement de la Ville. « Si on avait un autre stade Uniprix, il serait plein », répète-t-elle.

Mais l'information ne semble pas être remontée aux oreilles de Denis Coderre. « À notre connaissance, il n'y a pas de demandes de particuliers ou de groupes organisés afin d'ajouter ce type d'infrastructure. », écrit dans un courriel l'attachée de presse du cabinet du maire et du comité exécutif, Andrée-Anne Toussaint.

L'administration Coderre assure que les installations sportives font partie de ses préoccupations. Mais est-ce le cas pour tous les sports ?

Des millions de dollars pour le baseball

Denis Coderre a dévoilé vendredi un plan d'action de 32 millions de dollars pour développer le baseball à Montréal. 11 millions sont notamment prévus pour la réfection des terrains de balle. 

Le porte-parole de l'opposition officielle pour les sports et les loisirs, Alain Vaillancourt, salue cet investissement, mais il pense qu'il y a « d'énormes besoins dans d'autres sports ». Il évoque un manque d'infrastructures pour l'ultimate frisbee, le soccer, la natation et le tennis. En ce qui concerne le baseball, « on a des terrains, mais pas de jeunes dessus », affirme-t-il. 3500 joueurs de baseball sont recensés à Montréal.

L'attachée de presse Andrée-Anne Toussaint rappelle que la Ville vient de terminer la construction d'un centre de soccer et d'acquérir un centre sportif multifonctionnel dans l'Est.

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