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Philippe Pichet avait perdu la confiance de hauts gradés au quartier général du SPVM

Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) Philippe Pichet, suspendu mercredi de ses fonctions, avait perdu la confiance d'une partie de ses hauts gradés en raison de son acharnement à défendre son ex-chef de cabinet Imad Sawaya, selon des éléments contenus dans le rapport Bouchard.

Un texte de Pascal Robidas

Dès sa nomination, peut-on lire dans une section décaviardée du rapport, Imad Sawaya aurait adopté une attitude « qualifiée de harcelante à l'égard des cadres qui se risquaient à critiquer certaines décisions ».

Les récalcitrants ou ceux qui critiquaient ouvertement le fonctionnement de l'organisation étaient déplacés en guise de sanction.

Le document révèle que pas moins de 44 cadres ont été déplacés sur un total de 125 depuis le mois de septembre 2017 seulement. Ces déplacements auraient eu lieu sans que les personnes visées puissent exprimer leurs intérêts ni même que les membres du comité de direction aient été impliqués dans ces décisions, comme le veut la procédure.

Plusieurs officiers déplacés contre leur gré auraient confié que ces décisions relevaient du « bon vouloir » du chef de cabinet, Imad Sawaya, « qui se serait arrogé un pouvoir normalement réservé au directeur ».

L'ascension qualifiée de fulgurante d'Imad Sawaya sous la direction de Philippe Pichet avait soulevé du mécontentement et un questionnement sur le respect du processus de promotion.

Philippe Pichet aurait perdu la confiance de plusieurs hauts gradés et de membres du comité de direction en tolérant le comportement de son chef de cabinet. Ils considéraient que le SPVM était dysfonctionnel et Me Bouchard a conclu dans son rapport que plusieurs officiers vivaient des moments de détresse.

L'homme de confiance de Pichet

Les témoignages recueillis par Me Michel Bouchard nous apprennent aussi que Philippe Pichet aurait été averti par ses hauts gradés, plusieurs mois avant la perquisition de l'équipe mixte de la Sûreté du Québec au quartier général du SPVM, « que des allégations sérieuses circulaient dans le réseau policier depuis plusieurs mois concernant son directeur de cabinet ».

Imad Sawaya était soupçonné de s'être octroyé des primes et des heures supplémentaires illégalement il y a quelques années.

« Malgré ces avertissements, le directeur a persisté à prendre la défense de son chef de cabinet, le qualifiant de "son homme de confiance" », peut-on lire.

Le 26 octobre dernier, le quartier général du SPVM était investi par des enquêteurs de l'équipe mixte de la SQ à la suite de la dénonciation d'un lanceur d'alerte. Au lendemain de cette opération policière sans précédent, Philippe Pichet a été obligé de suspendre son bras droit avec traitement, pour une durée indéterminée.

Des officiers dans les plus hautes sphères de l'organigramme du SPVM ont confié à Me Michel Bouchard qu'il y avait, selon leur jugement, une absence de leadership au poste de directeur de la police de Montréal.

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