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Pitbulls : une exigence de Longueuil dénoncée par l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec

L'Ordre des médecins vétérinaires du Québec demande à la Ville de Longueuil de revoir son règlement qui oblige les propriétaires de pitbulls à obtenir un certificat d'un médecin vétérinaire attestant que leur animal n'est pas dangereux. Une mesure que l'OMVQ juge excessive et inapplicable.

Un texte de Marie-France Bélanger

À Longueuil, les chiens de type pitbull sont interdits depuis l'adoption, en juillet dernier, d'une modification au règlement sur le contrôle des animaux. Mais les spécimens déjà présents avant cette date, eux, sont tolérés, à certaines conditions. L'une d'elles est d'obtenir un certificat de non-dangerosité de leur animal.

Lors de la dernière réunion d'un conseil municipal de Longueuil, une citoyenne, Véronique Céleste, a pris la parole pour se plaindre du faible nombre de vétérinaires disposés à produire ce certificat, comme l'exige maintenant la Ville.

Le président de l'Ordre des médecins vétérinaires n'est pas étonné par le commentaire de Mme Céleste, puisqu'il déconseille à ses membres de délivrer un tel document. « On a avisé nos membres de ne pas aller vers la certification pour des raisons juridiques et de responsabilité professionnelle », indique Joël Bergeron.

L'organisme estime qu'il est impossible de prévoir le comportement futur d'un chien.

Imaginez un professionnel qui doit certifier que son patient, dans ce cas-ci un chien, ne démontrera jamais d'agressivité. C'est impossible.

Joël Bergeron, président de l'Ordre des médecins vétérinaires du Québec

Il ajoute qu'il n'est pas contre l'idée d'évaluer les animaux, une approche qui permet d'apporter des subtilités, grâce à l'utilisation une échelle de gradation de 1 à 5, ou de 1 à 10 pour établir le degré d'agressivité. « L'évaluation permet des nuances, alors que la certification n'en permet aucune », dit-il.

Longueuil, un cas unique?

Caroline Kilsdonk est l'une des rares vétérinaires qui aident les citoyens de Longueuil à se conformer à la réglementation municipale. Mais elle est formelle : elle ne produit pas de certification attestant de la non-dangerosité des pitbulls. Elle fait plutôt une évaluation avec toutes les nuances que cela implique. La ville de Longueuil, dit-elle, accepte ces évaluations qui ne constituent pas des certifications comme le stipule le règlement municipal.

Je vois le chien dans un certain contexte. Je fais certaines manipulations. Je ne peux pas tester toutes les situations possibles dans un rendez-vous qui dure environ 75 minutes.

Caroline Kilsdonk, vétérinaire

À ce jour, elle a évalué une soixantaine de chiens de type pitbull entre août et octobre profitant de l'occasion pour faire de la sensibilisation et de l'éducation. 97 pour cent des chiens qu'elle a rencontrés ont passé le test. Plutôt que d'exiger un certificat attestant que l'animal n'est pas dangereux, elle suggère plutôt des consultations préventives et la diffusion d'information, deux méthodes qui seraient plus utiles à son avis.

Selon l'Ordre des médecins vétérinaires ainsi que Caroline Kilsdonk, la Ville de Longueuil serait un cas rare ou même unique au Québec en matière d'encadrement des pitbulls, allant même plus loin que Montréal en raison de l'obligation de détenir un certificat de non-dangerosité.

Jusqu’à maintenant, Longueuil dit avoir émis 141 licences de chien pitbull à des propriétaires qui ont pu fournir un certificat de non-dangerosité.

La Ville explique que son règlement répond aux préoccupations de nombreux citoyens venus s'exprimer au conseil municipal.

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