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Pont Champlain : le consortium n'exclut pas l'utilisation de béton ultraperformant

Le consortium Signature sur le Saint-Laurent, responsable de la construction du futur pont Champlain, soutient que le béton fibré à ultra-hautes performances (BFUP) pourrait être utilisé dans la construction du nouveau pont Champlain, mais seulement pour certaines parties du pont, comme la surface de roulement et les joints de dilatation. Le consortium exclut l'utilisation du béton fibré à ultra-hautes performances dans la structure en tant que telle de l'ouvrage.

Un reportage d'ICI Radio-Canada soutenait, hier, que l'utilisation de ce type de béton dans la construction du pont permettrait de prolonger sa durée de vie de plusieurs années.

Le béton fibré à ultra-hautes performances (BFUP) est un béton mélangé à de petites fibres d'acier. Ces fibres freinent le développement des fissures et conséquemment de la corrosion causées par les charges routières et les conditions climatiques.

Le responsable du projet pour le consortium, Daneil Genest, a expliqué, en entrevue à ICI Première, que le BFUP était réservé à certaines applications très précises. « On parle de surface de roulement du pont, on parle des joints de dilatation », explique M. Genest. Il compare le BFUP à la céramique de la cuisine dans la construction d'une maison.

Le Conseil national de recherches du Canada soutenait toutefois que l'utilisation du BFUP dans les dalles, les poutres et les poteaux constituerait une nette amélioration.

M. Genest soutient que le BFUP est une nouvelle technologie qui ferait augmenter les risques pour le projet. « . Il n'y a pas encore eu d'utilisation en masse au Canada, poursuit-il. Il y a des risques qui sont apportés avec l'introduction d'une nouvelle technologie comme celle-là. »

« Le plus grand risque du projet, c'est le fameux échéancier exigeant, ajoute M. Genest. On doit livrer le pont pour le 1er décembre 2018. Quand vous introduisez des nouvelles technologies, ça crée des risques au projet. Je ne pense pas que c'est ce que les Montréalais veulent. »

Le responsable du projet du futur pont rappelle que c'est l'une des erreurs qui ont été commises lors de la construction du pont Champlain dans les années 1960. La décision d'utiliser du béton précontraint - une nouvelle technologie à l'époque - s'est avérée une erreur alors que l'acier était le matériau de prédilection.

« On avait vanté cette nouvelle technologie-là [le béton précontraint] pour s'apercevoir finalement qu'il y avait beaucoup de problématiques associées à ça qu'on a découvertes avec le temps, avance M. Genest. Maintenant, on voit dans quel état est le pont Champlain existant. »

Le consortium doit minimalement utiliser le béton haute performance, selon les exigences techniques imposées par Infrastructure Canada. « La sélection des matériaux, que ce soit de l'acier ou du béton, est laissée à la discrétion du consortium dans la mesure où on rencontre les exigences techniques », souligne M. Genest.

Rappelant que le principal défi du consortium est de respecter l'échéancier de décembre 2018, M. Genest a déclaré que le béton haute performance serait le béton de prédilection pour le pont. « On va considérer le BFUP pour la surface de roulement et pour les joints, mais c'est quelque chose qui va se faire en fin de projet. On va regarder ça et voir si c'est effectivement quelque chose à considérer. »

Le consortium entend livrer « un pont dont les Montréalais vont être fiers », a conclu M. Genest. « Quelque chose qui va changer le paysage montréalais. »

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