Retour

Portrait touchant d'un hippie montréalais de 74 ans présenté aux RIDM

Dans les années 60, Martin Stone, père de deux jeunes enfants, a tout abandonné pour se joindre à une communauté hippie. Cinquante ans plus tard, il poursuit toujours les mêmes idéaux, malgré une vie familiale écorchée par des années de nomadisme.

Un texte de Cécile Gladel

Quelles sont donc les répercussions d'une vie hippie sur les enfants et la famille?

C'est le coeur du questionnement du réalisateur Jean-André Fourestié dans son film Histoire hippie, qui sera présenté au cinéma du Parc à compter du 25 août et en première mondiale en clôture des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) la même journée.

(Source : Facebook/HistoirehippieStoneStory)

Dans le documentaire, on suit Stone, aujourd'hui âgé de 74 ans et résident du quartier Mile-End, à Montréal. En 1966, il a abandonné sa femme, ses enfants et son emploi d'infographiste dans une agence de publicité à New York pour prendre la route pendant six ans avec la plus grande communauté hippie d'Amérique du Nord : la Hog Farm. Il a emmené ses deux filles, âgées de 2 et 3 ans au début de l'aventure, durant l'été, soit trois mois par année.

En 1972, il a quitté la communauté Hog Farm et s'est installé à Montréal. Depuis, Martin Stone habite le même appartement de la rue Saint-Urbain. « Il fallait que j'aie un endroit pour pouvoir accueillir mes filles qui avaient grandi. »

Des enfants marqués

Le réalisateur ne voulait pas faire un film sur les hippies qui a été fait maintes fois. Son objectif était d'aller plus loin. Il voulait réfléchir sur les choix de vie que les gens font, sur les conséquences et les répercussions de ces décisions.

Le film n'aurait pu se faire sans les filles de Martin Stone, Debbie et Jacquie, qui vivent à Philadelphie. Ces dernières ont accepté de participer au tournage et de raconter leur version des faits et leurs souvenirs. La première femme de Martin, Suzanne, et son conjoint, Alan Katz, y ont aussi participé. Ce dernier est considéré par Debbie et Jacquie comme leur véritable père.

Dans le film, qui a été tourné sur trois ans, on voit aussi évoluer le rêve de Debbie avec son nouveau conjoint. « Un peu le rêve de son père, mais avec plus de bagages, plus de moyens et moins d'insouciance », ajoute Jean-André Fourestié, sans en dire plus pour laisser la surprise.

Toute la famille a d'ailleurs vu le film. Ils n'ont pas influencé le montage; ils ont laissé carte blanche au réalisateur. Martin Stone lui a souligné qu'il ne savait pas s'il l'aimait ou pas. « J'ai été disséqué », lui a-t-il dit.

Le film souligne aussi les paradoxes et la réalité pas toujours rose de vivre selon ses principes. Martin Stone n'a pas de plan pour la retraite et travaille trois jours par semaine comme gardien de sécurité dans un immeuble d'appartements luxueux, qu'il surnomme affectueusement « Alcatraz ». Il travaille aussi parfois comme acteur.

Il ne roule pas sur l'or et ne peut aller rendre visite à sa fille Jacquie, qui est malade. « Il faut assumer les conséquences de ses choix de vie, et ce n'est pas toujours simple. J'ai beaucoup côtoyé Martin et j'ai décelé des failles, et c'est ça qui m'intéressait », explique le réalisateur.

La minicommune de Martin

Depuis la fin de son second mariage, Martin accueille chez lui des colocataires, qui vont et viennent au gré des mois. Au début du film, il souligne en avoir accueilli plus d'une centaine depuis 20 ans, dont Jean-André Fourestié. Il a débarqué rue Saint-Urbain en 2004, en provenance de Bordeaux, après avoir vu une annonce à l'Université Concordia.

Il a ainsi habité avec Martin Stone pendant trois ans et demi.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine