Assis dans votre salon, vous écoutez l'émission Notre vie. Si vos yeux coulent, mais que vous n'êtes pas victime d'une allergie aux chats, vous avez probablement ce qu'on appelle une émotion. Et vous êtes loin d'être seul dans ce cas!

Dernièrement, en écoutant le passage où Pénélope McQuade revoit l’ensemble des personnes qui l’ont aidée après son accident de la route en 2009 dans l’émission 1res fois, j’ai eu le motton! Ont alors déboulé dans ma tête une tonne de questions auxquelles seule la psychologue Rose-Marie Charest pouvait répondre avec autant de pertinence.

Amoureuse de la télévision, mais également coanimatrice, avec Gildor Roy, de l’émission La télé sur le divan de 2012 à 2013, Rose-Marie Charest s’est déjà penchée sur les émotions transmises par le petit écran.

Même si l'on sait bien qu’une fiction est une fiction, qu’est-ce qui explique que l’on pleure devant une série comme Notre vie?

Tout comme l’art, les fictions ont pour but de nous toucher. Ça vient d’un auteur qui observe les humains et qui veut nous transmettre un vécu. D’un acteur qui veut faire partager des émotions. Ultimement, ça touche le spectateur lorsque c’est bien fait.

Et on ne regarde pas une fiction comme on regarde un documentaire. On se laisse aller à son imaginaire. On ne retient pas ses larmes.

En plus, dans les séries télé, on peut s’attacher aux personnages, car on les voit évoluer d’un épisode à l’autre. D’ailleurs, pour les gens seuls, ça revêt encore plus d’importance. Les personnages des séries font partie de leur univers personnel.

Face à toute cette transmission d’émotions, on ne reste pas de glace!

En fait, il y a deux choses! Il y a les émotions, oui. Mais aussi le fait que l’histoire a une fin. On est à la recherche de ça. Depuis qu’on est tout petit, on veut se faire raconter des histoires. Et l'on veut connaître la fin de l’histoire. Les séries ont le potentiel de nous conduire à travers ce chemin.

Donc, c’est loin d’être bizarre de pleurer devant le petit écran.

Selon le principe même de la catharsis, il y a quelque chose de libérateur. Pleurer parce qu’on voit un père sur son lit de mort avec son fils à côté de lui, c’est aussi pleurer la mort de son propre père, qu’elle ait déjà eu lieu ou non. C’est libérateur. Même parfois d’émotions qu’on ne soupçonnait pas.

Y a-t-il des risques de devenir déprimé à force de regarder des émissions tristes à la télé?

Je dirais que les nouvelles nous rendent pas mal plus tristes que les téléromans!

L’avantage de la télé, c’est qu’on peut choisir ce qu’on veut écouter. On n’est pas obligé de se plonger dans une émotion qu’on ne veut pas vivre. Il y a des gens qui n’ont pas écouté la série Unité 9, car c’était parfois très difficile à regarder. On a le droit de choisir ce qui fait du bien. Pas juste ce qui est fleur bleue. On peut aller vers des séries ou des personnages qui permettent de creuser plus loin en soi. On garde une certaine distance. On est donc plus libre de laisser monter les émotions.

Et, pourquoi pleure-t-on en écoutant des émissions d’entrevues comme 1res fois ou encore Deuxième chance? Voir un autre humain au bord des larmes, ça vient chercher les gens même s’ils n’ont pas vécu ledit événement avec lui?

Effectivement, on ne vit pas ce que l’invité vit. Toutefois, on peut se rappeler qu’on est déjà passé par là. On a déjà été adolescent. On a déjà vécu des premières fois. Et l'on est touché par ces personnes-là. Des personnalités publiques qu’on voit comme des monuments qui versent une larme, c’est touchant. Ça montre que même la solidité extérieure ne remplace pas ce qu’on vit à l’intérieur, la fragilité d’humaine.

Les bonnes émissions sont celles qui réussissent à dépasser nos frontières pour être capable d’aller toucher cette fragilité-là!

Donc, si on a une émotion, ça veut dire que c’est de la bonne télé?

Attention, ça dépend de l’authenticité. Il y a certaines émissions où l’on force un peu trop sur la dramatisation. Ça va chercher des cotes d’écoute. Il y a une recherche d’émotions, mais quand on la voit trop, il peut y avoir une déception.

Il y a quelque chose de plus fort dans la spontanéité. Comme dans l'émission 1res fois, tout est vrai. Des histoires vécues, des personnages solides qui montrent leur intimité à travers leurs émotions. Ça nous ressemble. On se sent comme eux. Le tout chapeauté par une animatrice joyeuse et empathique envers ses invités. Ça, ça fonctionne bien!

Conseil d’amie : il est donc tout avisé de garder quelques mouchoirs près du téléviseur. Une émotion est si vite arrivée quand c’est de la bonne télé!

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