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Près de 2 ans de prison pour un ancien avocat-criminaliste

L'ex-avocat Gerardo Nicolo écope de 21 mois d'emprisonnement et deux ans de probation, après avoir reconnu ses liens avec le crime organisé italien à Montréal. M. Nicolo avait plaidé coupable à une accusation de tentative d'entrave à la justice, en octobre dernier.

Un texte de Geneviève Garon

Après une longue carrière d'avocat, Gerardo Nicolo, 48 ans, savait très bien ce qui l'attendait une fois la suggestion commune des deux parties entérinée par le juge Claude Leblond. Sans un mot, l'ancien criminaliste a présenté ses poignets au constable spécial qui l'a menotté.

L'ancien avocat a servi de messager pour le clan mafieux du défunt Giuseppe De Vito. Il a entre autres été piégé par un agent d'infiltration de la police qui s'est fait passer pour un enquêteur désabusé qui souhaitait transmettre de l'information aux caïds italiens.

Saga judiciaire

La saga judiciaire qui a suivi son arrestation s'est étirée pendant huit ans. Depuis 2008, il a épuisé tous ses recours pour faire tomber les accusations. Le 25 octobre dernier, Gerardo Nicolo a finalement plaidé coupable à une accusation de tentative d'entrave à la justice. L'accusation de corruption d'un fonctionnaire a été abandonnée.

Le juge Claude Leblond de la Cour du Québec a souligné que l'ex-avocat était dans son droit lorsqu'il a fait une dizaine de requêtes dans le but d'être blanchi. Le magistrat n'a toutefois pas manqué de mentionner que le plaidoyer de culpabilité de l'accusé était arrivé tard dans le processus judiciaire et que cela avait moins de poids dans la détermination de la peine à lui imposer.

Parmi les circonstances aggravantes, le procureur de la Couronne, Mario Longpré, a souligné que « les attentes de la société sont élevées » à l'endroit d'un avocat. Il a aussi affirmé que l'infraction a été commise au profit d'une organisation criminelle.

L'avocate de M. Nicolo, Mélina Leblanc, soutient que son client « regrette sincèrement les gestes posés ». Elle affirme que les conséquences sur sa vie personnelle et professionnelle sont dramatiques. Ses trois enfants, âgés d'une vingtaine d'années, vivraient beaucoup d'incompréhension et cela aurait entraîné un « déchirement familial ».

Gérardo Nicolo a démissionné du Barreau du Québec en novembre dernier. Il a l'intention de se réorienter, selon son avocate.

Il risquait un maximum de 10 ans d'emprisonnement.

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