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Procès d'Ahmad Nehme : « Mon père vient de tuer ma mère »

C'est une adolescente de 16 ans catastrophée qui a communiqué avec le 911 le matin du 5 juillet 2012. Sa mère, enfermée dans la salle de bain avec son père, hurlait d'appeler la police. L'enregistrement de l'appel à glacer le sang a été présenté au jury mardi à Montréal, dans le cadre du procès d'Ahmad Nehme, accusé du meurtre prémédité de sa conjointe, Catherine De Boucherville.

Un texte de Geneviève Garon

« Ma mère est morte, elle est morte dans la baignoire, mon père l'a tuée, il est plein de sang sur toutes ses mains. Faites vite! S'il vous plaît! »

La jeune femme hurle dans le téléphone en s'adressant à la téléphoniste du 911. Elle affirme que son père « devient fou » et que ses parents devaient divorcer « aujourd'hui ». Ses pleurs rendent certaines paroles inaudibles, elle est terrorisée, sort de la maison et n'ose plus y entrer, de crainte de voir son père. Son petit frère de 13 ans, autiste, est seul dans sa chambre, selon elle.

Soudain, derrière l'adolescente, une voix grave prononce des mots inaudibles : la jeune femme dit à la téléphoniste que c'est son père. Les policiers sont sur les lieux, dans l'arrondissement LaSalle.

C'est au son de cette scène d'épouvante que les jurés au procès d'Ahmad Nehme ont été introduits au crime sordide qui lui est reproché, au palais de justice de Montréal.

Tuée par jalousie, selon la poursuite

Le ministère public a l'intention de démontrer qu'au moment du crime, le couple formé depuis près de 20 ans par Ahmad Nehme et Catherine De Boucherville battait de l'aile.

Le mari aurait reproché à tort des infidélités à sa femme et se serait montré jaloux. Exaspérée, Mme De Boucherville l'aurait convaincu de se séparer, vers la fin du mois de juin 2012.

Dans la nuit du 4 au 5 juillet, l'homme n'aurait pas dormi à la résidence familiale. Le matin, il serait revenu au domicile, aurait enfermé sa femme dans la salle de bain et l'aurait poignardée. Ahmad Nehme aurait été arrêté sur les lieux et le couteau aurait été retrouvé dans la salle de bain. La poursuite entend démontrer que c'était un meurtre prémédité.

Le premier témoin appelé par le procureur Éric Côté a été le technicien en scène de crime du Service de police de la Ville de Montréal, Daniel Provencher.

L'accusé de 53 ans est représenté par les avocats Giuseppe Battista et Robert Israël. Le procès est présidé par le juge Jean-François Buffoni.

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