Retour

Procès Faubourg Contrecœur : Frank Zampino nie toute implication

L'ancien président du comité exécutif de la ville de Montréal nie formellement être intervenu, il y a 10 ans, dans le processus d'appel d'offres du terrain au cœur du scandale du Faubourg Contrecoeur. Après avoir entendu la cinquantaine de témoins de la poursuite, c'est maintenant au tour des sept accusés du procès de présenter leur défense, au palais de justice de Montréal.

Un texte de Geneviève Garon

« Je n'ai jamais posé de gestes pour favoriser Construction Frank Catania et je n'ai jamais donné d'ordres à cet effet », a martelé Frank Zampino, en réponse aux questions de son avocate, Isabelle Schurman. L'ancien bras droit de l'ex-maire de Montréal Gérald Tremblay assure également n'avoir jamais transmis d'informations privilégiées à qui que ce soit.

Frank Zampino est accusé d'avoir été l'un des maîtres d'oeuvre du scandale Faubourg Contrecoeur, une fraude qui a coûté des millions de dollars à la Ville de Montréal.

En 2007, la Société d'habitation et de développement de Montréal (SHDM) a vendu au rabais un terrain situé dans l’est de la métropole québécoise à Construction Frank Catania pour qu'elle y construise 1800 logements. La SHDM a cédé le terrain en échange de 19 millions de dollars, mais la facture du groupe Catania a été réduite de 14,6 millions en raison notamment des frais de décontamination surévalués. De plus, le constructeur aurait été choisi avant même la tenue d'un appel d'offres public.

Zampino prend ses distances

Debout à la barre des témoins toute la journée de mardi, Frank Zampino a calmement expliqué que Gérald Tremblay l'avait choisi comme « responsable politique » du dossier de vente du terrain dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. Toutefois, il assure que la SHDM avait la pleine autonomie dans ce dossier et que son conseil d'administration était tout à fait indépendant. L'ancien maire de l'arrondissement de Saint-Léonard a raconté que son rôle était « limité » et se résumait à s'assurer que l'échéancier était respecté et que le projet allait bel et bien se réaliser.

« À l'époque, c'était le plus important projet résidentiel [de la Ville] », a-t-il affirmé, ajoutant que des revenus de taxes de l'ordre de 6 millions de dollars par année étaient attendus dans les coffres de la Ville avec sa réalisation.

Frank Zampino est accusé de fraude, de corruption et d'abus de confiance. Son témoignage se poursuit mercredi. La poursuite pourra ensuite le contre-interroger.

L'homme d'affaires Paolo Catania et quatre autres employés qui travaillaient pour son entreprise de construction au moment des faits allégués, soit Martin D'Aoust, André Fortin, Patrice Pascale et Pasquale Fedele, figurent aussi au banc des accusés, de même que l'entreprise Construction Frank Catania.

Le procès est commencé depuis février 2016 avec une kyrielle de requêtes. La poursuite a fini de faire entendre sa preuve au début de l'été.

Vers un procès pour Bernard Trépanier

La Cour devrait finalement fixer en octobre une date de procès pour l'ancien directeur du financement du parti Union Montréal, Bernard Trépanier, qui est jugé séparément dans cette affaire.

L'homme de 78 ans, qui avait été surnommé « Monsieur 3 % » lors de la commission Charbonneau, souffre d'un cancer.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une crampe musculaire vraiment intense





Rabais de la semaine