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Procès Michael Applebaum : une amitié mal placée?

« Tu fais partie de l'équipe. » C'est l'un des nombreux messages textes que Luc Lamy a envoyés à Hugo Tremblay, en mai 2013.

Ce n'est qu'un exemple parmi d'autres qui démontre que les sujets de conversation entre eux « sortent clairement du dossier et de la façon usuelle de traiter ce genre de témoins ». C'est ce qu'affirme l'avocat de Michael Applebaum, Pierre Teasdale, qui a décortiqué presqu'un à un les échanges entre les deux hommes entre mars 2013 et avril 2014.

Une opération fastidieuse, au point où la juge Louise Provost lui a demandé d'être plus concis.

Tanné de jouer à « Miami Vice »

Hugo Tremblay affirme qu'il a eu des pensées suicidaires au printemps 2013. Après avoir enregistré deux conversations à l'insu de Michael Applebaum, il était très déprimé, anxieux, au point où il a consulté un psychologue suggéré par la police.

Il ne voulait plus faire de « contre-espionnage » et participer à des opérations « Miami Vice ». C'est le surnom qu'il donne aux opérations de micro caché.

Comme l'enquête était confidentielle, il affirme que la seule personne avec qui il pouvait partager ses états d'âme était l'enquêteur Lamy.

Mais Pierre Teasdale ne comprend pas pourquoi Hugo Tremblay s'est autant investi dans une enquête qui le perturbait.

« Aviez-vous l'impression d'être devenu un justicier? » demande Me Teasdale. « Non », répond calmement l'ancien bras droit de Michael Applebaum, qui affirme : « Je m'étais engagé à le faire et je voulais aller jusqu'au bout ».

Il a refusé d'être témoin collaborateur

L'avocat de l'ancien maire intérimaire a souligné qu’Hugo Tremblay avait refusé de devenir témoin collaborateur. Cela l'aurait entre autres obligé à passer le test du polygraphe.

Devant le tribunal, le témoin vedette de la Couronne a affirmé qu'il était « prêt à passer le polygraphe sur les événements que je cite sans problème ».

Le contre-interrogatoire d'Hugo Tremblay va se poursuivre au moins toute la journée jeudi, affirme Pierre Teasdale. Mercredi, après trois jours à la barre, M. Tremblay s'asseyait fréquemment, bâillait et se frottait le visage, visiblement exténué.

Le « b.a.-ba » de la corruption

Hugo Tremblay a travaillé dans l'entourage de Michael Applebaum entre 2006 et 2012, à l'époque où il était maire de l'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce.

Il affirme que c'est son ancien patron qui lui a montré les rouages de la corruption.

Hugo Tremblay affirme avoir servi d'intermédiaire pour aller demander des pots-de-vin à au moins deux reprises.

La première fois, en 2007, il aurait obtenu 30 000 $ des promoteurs d'un projet de résidences universitaires. La seconde fois, en 2010, les soumissionnaires d'un appel d'offres pour l'entretien du Centre sportif de Notre-Dame-de-Grâce lui auraient remis 25 000 $, toujours en argent comptant.

Depuis le début du procès, lundi, Michael Applebaum prend méticuleusement en note les paroles du témoin.

L’ex-maire par intérim fait face à 14 chefs d'accusation : fraude envers le gouvernement, abus de confiance, complot et corruption dans les affaires municipales.

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