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Projet d'aérodrome contesté à Saint-Cuthbert, dans Lanaudière

Un promoteur souhaite aménager un aérodrome pour petits appareils à Saint-Cuthbert, municipalité située à environ 60 kilomètres à l'est de Montréal. Mais le projet provoque beaucoup d'opposition de citoyens, de la municipalité et même d'élus de l'Assemblée nationale du Québec.

Un texte de Francis Labbé

Le promoteur, Guillaume Narbonne, a l'intention d'aménager un centre à vocation touristique et récréative sur le site choisi, situé à quelques kilomètres du village de Saint-Cuthbert.

« Ce sera une piste en herbe sur laquelle les appareils, principalement des ultralégers (moins de  450 kg ) pourront atterrir », explique Guillaume Narbonne. « Autour de cette piste, on retrouvera des activités pour les familles, les touristes et les gens d'affaires. Il y aura un camping, par exemple. »

Opposition de citoyens

Rapidement, un groupe de citoyens a été formé pour se mobiliser contre le projet. Vigilance Saint-Cuthbert a même déposé un mémoire à l'intention du ministre des Transports du Canada, Marc Garneau. Le groupe s'oppose au projet principalement en raison du bruit et pour la sécurité des citoyens.

« Nous sommes 1839 citoyens à Saint-Cuthbert. En moins de 10 jours, nous avons déposé une pétition signée par 1620 personnes », raconte Mélanie Laroche, citoyenne de Saint-Cuthbert. »

« L'un des principaux problèmes, c'est que partout où il y a ces aérodromes, il s'ajoute des écoles de pilotage. Ce sont des vols à répétition, à basse altitude et qui font plus de bruit. Ce projet-là, selon nous, ne va pas dans l'intérêt des citoyens de Saint-Cuthbert », poursuit Mme Laroche.

La municipalité aussi s'y oppose

Le maire de Saint-Cuthbert, Bruno Vadnais, est contre le projet. « C'est une piste d'atterrissage d'environ 3000 pieds de long », explique le maire. « Il faudra abattre des arbres. Nous craignons une diminution des valeurs des propriétés, des problèmes en raison du bruit. » 

« Lorsque nous avons pris connaissance du projet, le promoteur demandait une modification au règlement de zonage, qui est résidentiel dans une zone agricole et dans une zone de villégiature », ajoute le directeur général de Saint-Cuthbert, Richard Lauzon.

Le directeur général affirme aussi que la municipalité veut avoir recours aux tribunaux pour empêcher le développement du projet. « Nous allons entreprendre des procédures judiciaires pour faire arrêter les travaux, le temps, entre autre, de faire l'inventaire des espèces végétales et animales qu'on retrouve sur le site », explique M. Lauzon.

Motion à l'Assemblée nationale

Le 8 juin, les députés de l'Assemblée nationale ont adopté à l'unanimité une motion pour dénoncer le projet et demander au ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, de le contrecarrer.

Une sortie dénoncée par le promoteur. « C'est très surprenant, surtout de la part d'élus qui ne nous ont jamais parlé », commente Guillaume Narbonne. « Il y a beaucoup de fausses informations qui circulent sur notre projet par le comité de vigilance. Lors que des gens se positionnent avec une seule version des faits, je suis très surpris. »

Transport Canada

C'est le ministre des Transports du Canada, Marc Garneau, qui tranchera dans ce dossier. La décision n'est pas prise. « Transport Canada travaille de près avec les promoteurs d'aérodrome pour vérifier que leurs activités se déroulent en toute sécurité », nous a-t-on écrit au cabinet du ministre Garneau.

« Pour y arriver, le Ministère peut donc limiter ou restreindre certaines activités. Au besoin, le ministre peut exercer son pouvoir et interdire l'aménagement d'un aérodrome si le ministère estime que son aménagement risque de compromettre la sécurité aérienne ou n'est pas dans l'intérêt public. »

Si le promoteur obtient le feu vert, il compte amorcer ses travaux le 1er juillet.

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