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Projet de loi sur les chiens : chacun campe sur ses positions

L'abandon par le gouvernement du Québec de la volonté d'interdire les chiens de type pitbull fait resurgir le débat entre les tenants de l'interdiction de certaines races de chien et ceux qui croient que le problème est ailleurs.

« Il va y avoir une loi, c’est déjà un grand pas. Il y a deux ans, on n’en parlait même pas », lance Lise Vadnais, dont la sœur Christiane est morte en juin 2016 à la suite de la morsure d’un chien.Mme Vadnais est toutefois « très déçue » de ce qui reste du projet de loi 128, qui ne va pas assez loin, selon elle. « Maintenant, il va falloir attendre qu’il y ait des victimes pour euthanasier le chien, pour mettre un règlement plus sévère dans une municipalité. […] On aurait vraiment apprécié qu’on cible les [races de] chiens dangereux, particulièrement les pitbulls, et qu’éventuellement, au Québec, il n’y ait plus de pitbulls », dit-elle.

Elle déplore le fait que les consultations publiques aient surtout fait entendre des « professionnels de l’espèce canine qui ont rejeté du revers de la main les recherches qui venaient de chirurgiens ou du domaine médical ».

Elle rappelle aussi que de nombreuses villes interdisent les chiens de type pitbull et considère que ceux qui prétendent qu’il n’est pas possible d’identifier ce type de chien font preuve de « mauvaise foi ».

Au minimum, selon elle, la loi devrait exiger que les types de chiens potentiellement dangereux, comme ceux de type rottweiler ou pitbull, portent une muselière lorsqu’ils circulent sur la voie publique.

La SPCA est soulagée

Du côté de la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal, on se réjouit au contraire de la décision de Québec.

« On aimerait un projet de loi qui traite de la question des chiens dangereux en général, et qui adresse les comportements qui peuvent prévenir que les chiens deviennent dangereux », indique Alanna Devine, directrice de la défense des animaux pour la SPCA de Montréal.

Selon elle, il faut viser l’élevage des chiens, la façon dont ils sont traités, etc.

Lorsqu’un chien a un comportement agressif, il devrait être évalué par un vétérinaire spécialisé en comportement canin, poursuit-elle. Ce dernier pourrait recommander que le chien soit muselé, stérilisé ou euthanasié, ou encore qu’il suive une formation.

Nouveau règlement en vue à Montréal

L’administration montréalaise appuie la décision de Québec, qui rejoint celle qu’elle a prise en suspendant les articles du règlement animalier de la Ville qui ciblaient certaines races de chien.« Il ne faut pas légiférer selon les races. Ce n’est pas basé sur la vraie science. Ça ne fonctionne pas et c’est très difficile à appliquer. La plupart des chiens dans les rues sont des mix, des races croisées », affirme Craig Sauvé, conseiller associé à la gestion animalière.

De son côté, le parti Ensemble Montréal, qui forme l’opposition à l’Hôtel de Ville, maintient qu’il faut interdire les chiens de type pitbull pour des raisons de sécurité publique.

« S'il y a un doute, on ne devrait pas prendre de risque et on devrait toujours agir avec prudence en faveur de la population », a indiqué le chef de l’opposition Lionel Perez, lors d’une mêlée de presse.

La Ville de Montréal doit adopter sous peu son nouveau règlement sur le contrôle animalier.

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