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Projet Montréal ne nuit pas aux commerces du Plateau, maintient Ferrandez

Un premier débat entre les deux candidats à la mairie du Plateau-Mont-Royal, lundi soir, a donné lieu à des échanges polis et posés entre Luc Ferrandez, de Projet Montréal, et Zach Macklovitch, d'Équipe Denis Coderre pour Montréal. Le ton a toutefois monté lorsqu'il a été question de la vitalité commerciale de l'arrondissement.

« On est dans une prospérité maximale. Notre problème, c'est de gérer la prospérité. C'est la spéculation immobilière », a expliqué le maire sortant, Luc Ferrandez, qui a souligné que 8000 emplois s'étaient créés dans son arrondissement depuis son arrivée au pouvoir, en 2009. « Alors de ramener toujours, toujours, toujours, toujours ces vieux mythes du fait que Projet Montréal nuit au commerce, ça va faire! »

« Il n'y a pas un seul local à louer sur Saint-Viateur, sur Bernard... », a-t-il rappelé, ajoutant que le taux d'inoccupation des commerces sur la rue Saint-Denis était actuellement de 15 % et que celui des commerces de l'avenue du Mont-Royal était de 6 %. « Et, en plus, un grand nombre des locaux vacants appartiennent tous au même propriétaire. »

Il faut dire que les attaques de Zach Macklovitch – pour qui il s'agissait d'un premier débat – portaient surtout sur le bilan économique de l'équipe en place depuis huit ans.

« Ce n'est pas "grâce" à l'équipe de Projet Montréal que les entreprises [vont bien], c'est "malgré" Projet Montréal », a-t-il lancé. « Les 8000 jobs créées par M. Ferrandez ici, [c'est grâce à] une compagnie qui s'appelle Ubisoft. »

Impliqué dans la société de développement économique du boulevard Saint-Laurent, M. Macklovitch s'est vanté d'avoir contribué à faire passer le taux d'inoccupation des commerces de la Main de 27 % à 7 %. Il a aussi rappelé que le maire Ferrandez avait reçu en 2015 le prix « Poids lourd de la paperasserie » de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante.

Consensus sur Airbnb

Sur une autre question, les deux candidats ont convenu que la multiplication des logements consacrés exclusivement à des locations à court terme sur le site Airbnb causait des inconvénients pour les résidents du Plateau.

« Il y a une façon de gérer ces réalités-là, et je trouve que ça commence avec les propriétaires d'édifices [...] Si tu es propriétaire de ton propre appartement, que tu veux partir pour deux semaines et que tu veux louer à une jeune famille, il n'y a pas de problème. Mais si tu es propriétaire d'un édifice de six unités et que tu changes les six unités pour devenir comme un hôtel, ça ne peut pas passer », a illustré Zach Macklovitch.

M. Ferrandez a indiqué de son côté avoir interpellé, il y a un mois, le responsable d'Airbnb pour le Québec pour lui demander s'il était prêt à se plier à deux conditions : permettre uniquement aux propriétaires occupants de louer leur logement et limiter la durée de ces locations à 60 jours par année. Il dit avoir reçu une fin de non-recevoir. « En d'autres mots, c'est : "Nous, on fait de l'argent, et vous, débrouillez-vous avec vos problèmes" », a-t-il résumé.

Le débat de lundi soir a attiré environ 200 personnes au théâtre Rialto, dans le district Mile-End. En tout, une trentaine de questions ont été posées.

Luc Ferrandez était accompagné des conseillers sortants Richard Ryan et Marie Plourde, tandis que Zach Macklovitch, un jeune entrepreneur recruté par Denis Coderre peu avant les élections, était accompagné des candidats Iris Almeida-Côté et Jean David Prophète.

Un deuxième débat aura lieu mercredi dans les locaux de l'organisme Resto Plateau. Il s'agit en fait du débat qui devait avoir lieu la semaine dernière, mais qui a été annulé quand le candidat Michel Brûlé a dû se retirer de la course en raison d'allégations d'inconduite sexuelle.

D'après le reportage de René Saint-Louis

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