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Qu'adviendra-t-il de Lehkonen s'il rate son coup avec le CH cette année?

BILLET - Pour toutes sortes de raisons, la date de péremption d'un jeune joueur sélectionné au repêchage par une équipe de la LNH est généralement de quatre ans. Cette statistique éloquente soulève une intéressante question : quel genre de carrière connaîtra Artturi Lehkonen (sélectionné en 2013) s'il ne parvient pas à disputer des matchs avec le Canadien cette saison?

Un texte de Martin Leclerc

On entend souvent qu'il n'existe pas une seule route pour se rendre jusqu'à la LNH. Par contre, les longs détours vous ramènent rarement sur la bonne voie. Les statistiques démontrent que lorsqu'un joueur n'a pas l'occasion de disputer de matchs réguliers au cours des quatre saisons qui suivent son année de repêchage, les probabilités qu'il fasse carrière dans la LNH deviennent extrêmement minces.

La grande roue du hockey professionnel tourne vite. Les joueurs qui se présentent à leur cinquième camp d'entraînement sont poussés dans le dos par quatre cohortes de recrues plus jeunes qu'eux. Et généralement, si ces joueurs ne sont pas déjà parvenus à suffisamment s'illustrer pour disputer quelques matchs dans la LNH, ils finissent tout simplement par être écartés de l'équation.

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Les chiffres disent ceci :

- Parmi les 1907 joueurs qui ont été sélectionnés au repêchage entre 2005 et 2011, seulement 387 (20,29%) ont disputé au moins 82 matchs (l'équivalent d'une saison complète) dans la LNH.

- Et parmi ces 387 joueurs, on en retrouve seulement 49 (12,7%) qui ont patienté plus de quatre saisons avant de poser un patin sur une patinoire de la grande ligue.

- Ce groupuscule de 49 athlètes ayant accédé tardivement à la LNH est composé de : a) 20 joueurs ayant choisi de terminer leurs études dans une université américaine avant de faire le saut chez les professionnel (comme Alex Kilorn du Lightning de Tampa Bay ou Jeff Petry, du Canadien); b) 17 joueurs n'ayant pu décrocher un poste régulier et qui sont devenus des réservistes ou des joueurs d'appoint (comme Mark Barberio, du Canadien); et 12 joueurs (non-étudiants) qui ont eu besoin d'une plus longue période d'apprentissage que les autres et qui tout de même fini par se tailler un poste régulier dans la LNH (comme Nicolas Deslauriers, des Sabres de Buffalo, ou Leo Komarov, des Maple Leafs).

Bref, les joueurs (outre les universitaires) qui ne sont pas parvenus à fouler une patinoire de la LNH dans les quatre années suivant leur repêchage et qui sont tout de même devenus des réguliers ne constituent 0,6% des 1907 joueurs sélectionnés entre 2005 et 2011. Et seulement 3,1% des 387 joueurs qui ont réussi l'exploit de disputer au moins 82 matchs dans la LNH.

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Justement, Artturi Lehkonen arrive à cette fameuse étape de la quatrième saison suivant sa sélection au repêchage. Et le Canadien est totalement disposé à lui consentir un poste. Le sympathique Finlandais a toutes les cartes dans son jeu.

En même temps, il est permis de se demander ce qu'il adviendra de lui s'il ne parvient pas à saisir cette opportunité et s'il se voit forcé de retourner en Suède, comme l'exige le contrat qui le lie à la formation de Frolunda.

Lehkonen n'est âgé que de 21 ans, mais ça fait déjà cinq ans qu'il roule sa bosse dans les rangs professionnels européens. Au cours des deux dernières années, il s'est bien tiré d'affaires au sein de la Ligue d'élite suédoise. Le printemps dernier, Lehkonen a même été le meilleur buteur de son équipe en séries éliminatoires, inscrivant un impressionnant total de 11 buts en 16 matchs.

Par contre, jusqu'à présent, il s'est fait plutôt discret à l'occasion des trois matchs intra-équipe disputés depuis le début du camp. L'attaquant québécois Charles Hudon, entre autres, lui a été très nettement supérieur. 

Jumelé à Alex Galchenyuk et Brendan Gallagher, Lehkonen est surtout resté en retrait. Il n'a pas utilisé sa vitesse, n'a pas démontré de réel instinct pour le filet et ne s'est pas démarqué par sa fougue dans les luttes pour l'obtention de rondelles libres.

Il n'est pas question ici de partir en peur. Le camp est très jeune. Et on parle ici d'un athlète qui doit s'adapter à un nouvel environnement ainsi qu'aux dimensions des patinoires nord-américaines, où l'espace de manœuvre est restreint mais « où l'on peut tirer au filet d'à peu près partout, ce qui est vraiment amusant! », analysait Lehkonen, samedi à Brossard.

N'empêche. Au cours des dernières années, de Michaël Bournival à Nathan Beaulieu, en passant par Alex Galchenyuk et même Jiri Sekac, les recrues qui ont décroché un poste avec le CH s'étaient toutes nettement démarquées du lot à l'étape initiale des matchs intra-équipe.

Le calendrier des matchs préparatoires débute ce lundi soir au Centre Bell. La compétition y sera nettement plus féroce que ce à quoi Lehkonen a été exposé jusqu'ici. Et il est à souhaiter qu'il parvienne assez rapidement à recréer la magie dont il a fait étalage en Suède l'an dernier.

Car s'il rate cette chance offerte sur un plateau d'argent, les statistiques nous enseignent qu'il pourrait s'engouffrer dans l'un de ses détours dont on ne revient jamais.

À toute épreuve, le blogue de Martin Leclerc.

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