À voir son gardien sortir son équipe du pétrin avec des arrêts décisifs, à voir la défense se tirer d'affaire tant bien que mal avec de courtes présences sur la glace et apporter une contribution offensive, Marc Bergevin a dû pousser un soupir de soulagement mardi. Depuis cinq matchs, on voit le scénario que le directeur général a souhaité en début de saison : les acteurs principaux ont changé, mais la troupe sauve les meubles.

Un texte d’Alexandre Gascon

Mark Streit a pris sa retraite. On n'a plus vu l’ombre du bout du nez de David Schlemko dans le vestiaire depuis le deuxième jour du camp d’entraînement. Carey Price est blessé.

Malgré tout, le CH vient de signer un cinquième gain à ses six derniers matchs, un troisième consécutif, et il se replace dans la course après sa pire amorce du calendrier en 76 ans.

Inspiré par un gardien en pleine possession de ses moyens, le Canadien a saisi ses occasions à l’attaque et a usé son adversaire. L’identité de ce gardien a changé, mais qui s’en plaindra chez le CH?

Charlie Lindgren en était à un deuxième départ cette année, un cinquième dans la LNH, un premier au Centre Bell. Il n’a pas volé le match à lui seul, loin de là, mais il assume avec brio les toujours lourdes responsabilités de l’homme masqué à Montréal.

En première période, James Neal a profité d’un revirement de Torrey Mitchell dans sa zone pour se retrouver esseulé devant Lindgren qui a réussi un brillant arrêt de la jambière face au plus prolifique marqueur des Golden Knights.

« Je n’ai reçu que deux lancers dans toute la période, pas beaucoup d’action. C’est plus facile de se mettre dedans parfois quand tu reçois beaucoup de lancers. Ç'a été un bon départ pour moi, et j’ai pu le maintenir », a commenté le gardien.

« Il a fait les arrêts opportuns aux moments opportuns », a expliqué Brendan Gallagher, interrogé sur ce jeu.

L’attaquant n’aurait pu choisir de terme plus juste. Moins de quatre minutes plus tard, Tomas Plekanec a récupéré le dégagement de Jordie Benn et a repéré Gallagher à l’embouchure du filet du jeune Maxime Lagacé; c’était 1-0 pour les Montréalais.

« Ç'aurait pu être 1-0 pour Vegas, mais au lieu de ça, on marque et ça fait une différence de deux buts dans le fond », a commenté Max Pacioretty qui, en marquant le troisième but de cette victoire de 3-2, totalise huit points (quatre buts, quatre passes) à ses six derniers matchs.

On fera valoir que Vegas n’a tiré que deux fois sur Lindgren au premier vingt. Que Pierre-Édouard Bellemare a marqué sur ce deuxième lancer un peu faible après avoir redéfini le sens de l’expression « tasse de café » aux dépens de Jeff Petry. Que le Canadien a mené 15-2 aux tirs au but à un certain moment du match.

Mais Lindgren a su protéger l’avance quand son équipe en avait le plus besoin dans la seconde moitié de la rencontre.

Le Canadien a finalement été surclassé au chapitre des tirs par les Golden Knights, qui ont dirigé 31 rondelles sur Lindgren.

Une carrière bien lancée

L’échantillon est certes bien faible, mais il reste que Lindgren n’a jamais perdu dans la LNH. Et ses coéquipiers sont impressionnés par ses performances. Il faut voir leur visage s’illuminer lorsqu’on leur parle du gardien de 23 ans.

« Charlie a été fantastique encore ce soir. Il nous a donné du "momentum" et de la vie pour remporter ce match. Il fait les arrêts opportuns et il est combatif sur chaque jeu. De le voir se battre comme ça, ça se répercute sur toute l’équipe », a estimé le capitaine.

Son dossier parfait en cinq départs lui vaut une moyenne de 1,39 et un pourcentage d’efficacité de ,955 dans la LNH.

Au-delà des chiffres, son sang-froid devant le filet est peut-être ce qui marque le plus les esprits, dont celui de l’entraîneur-chef.

« Il s’est très bien débrouillé encore ce soir, il a fait de gros arrêts. La deuxième moitié a appartenu à Vegas et il a fait de gros arrêts pour nous garder dans le match », a lancé Claude Julien.

« Il doit simplement continuer à être lui-même », lui a finalement conseillé Gallagher.

Benn reprend du galon, Mete écope

Jordie Benn a été le défenseur le plus utilisé par Julien mardi soir en près de 26 minutes. C’est une immense différence avec le début de la saison, sans mentionner le camp d’entraînement, où le défenseur acquis des Stars de Dallas l’an dernier semblait constamment chercher ses repères.

En plus de son but et de sa mention d’aide contre Vegas, Benn a reçu la confiance de l’entraîneur, qui l'a envoyé dans la mêlée dans les situations critiques. Il était sur la glace dans la dernière minute de jeu, à la gauche de Shea Weber, tandis que les Golden Knights jouaient le tout pour le tout et bombardaient Lindgren.

« La saison est longue. C’est important d’essayer de gérer les minutes le mieux possible. Benn joue mieux, même Joe Morrow, si on compare avec le camp d’entraînement. C’est d’essayer de gérer ça de la meilleure façon possible pour pas que Shea Weber soit obligé de jouer 30 minutes tous les soirs. On a assez de profondeur pour diminuer son temps de glace de façon plus raisonnable », a estimé Julien.

En attendant, c’est le jeune Victor Mete qui ronge son frein, étant limité à 8 minutes de glace seulement; un troisième match d’affilée où il a joué moins de 11 minutes.

Il s’agit de lui permettre de reprendre son souffle un brin, selon le pilote du CH.

« Il ne faut pas oublier qu’il a joué beaucoup de hockey depuis le début de l’été. Que ce soit ici au camp de développement, au camp d’Équipe Canada junior, [au] camp des recrues; à un moment donné, ça ne lui fait pas de tort d’avoir un peu moins de glace », a-t-il expliqué.

Ni Morrow, ni Benn ne s’en plaindront.

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