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Quand la culture du rodéo rencontre celle de la ville

Taureaux et chevaux à l'ombre des gratte-ciel. La scène est frappante et hors du commun. Du 24 au 27 août, les bêtes du rodéo urbain NomadFest s'installent dans le Vieux-Port de Montréal dans le cadre des festivités du 375e anniversaire de la ville.

Un texte de Justine Roberge

Ce n’est pas la première fois que la métropole est un arrêt de choix pour un grand rodéo. Celui de l’Expo 67 a d’ailleurs incité plusieurs Québécois à en produire d’autres par la suite.

« Ç’a toujours existé ici, mais c’est un peu méconnu », avoue le spécialiste Sylvain Bourgeois.

Celui qui est aussi éleveur de chevaux a d’ailleurs du mal à comprendre pourquoi certains disent que le Québec n’a pas de culture de rodéo.

« Ce sont des gens de l’est qui ont développé l’ouest, rappelle-t-il. Si ça ne vient pas de nous, ça vient de qui? »

Cette expérience, peu de citadins l’ont déjà vécue. Et c’est principalement parce que reproduire un site de rodéo en pleine ville est un défi colossal.

Depuis lundi, 50 semi-remorques ont déposé près de 1600 tonnes de sable sur le quai Jacques-Cartier. Le trafic montréalais constitue un gros obstacle, ce qui n’a pas freiné les organisateurs pour autant.

« Fondamentalement, on veut faire un pont entre Montréal et ses régions, se rappeler notre provenance, d’où on vient », affirme le promoteur du NomadFest, Maxime Lefebvre.

Comment choisir un bon animal de rodéo?

Une centaine de chevaux et une cinquantaine de taureaux constituent le contingent animal de l’événement. Ces animaux sont savamment choisis pour leur génétique spécifique aux exigences du rodéo.

Mais pour Sylvain Bourgeois, c’est bien plus que le simple côté athlétique de la bête.

« Ce qui est primordial pour être sûr que ça fasse un bon animal de rodéo, c’est la volonté de vouloir performer, fait-il remarquer. Sans la volonté, on n’obtient pas ce qu’on veut. On ne peut pas forcer l’animal à faire ça. »

L’éleveur soutient que les bêtes de rodéo ont chacune leur personnalité et que les professionnels ne cherchent pas à les amadouer.

« Sauter, ruer, il n’y a aucune autre discipline équestre qui accepte ça. »

Si les animaux sont considérés comme des athlètes, il en va de même pour les cowboys et cowgirls qui doivent s’entraîner intensivement.

« C’est le sport le plus extrême au monde, pense le jeune cowboy Zachary Bourgeois. […] On pousse les limites au maximum. »

Ce sont près de 125 athlètes de partout à travers le monde qui mettront à profit leur talent ce week-end.

L'organisation du rodéo urbain de Montréal doit beaucoup au Festival western de Saint-Tite qui a dépêché ses experts ici, à quelques semaines de sa 50e édition.

Un exemple trop rare du rayonnement régional sur la grande ville.

D’après les informations de Marie Malchelosse

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