Retour

Quand on transforme la bibliothèque en classe

Les bibliothèques scolaires sont plus menacées par les problèmes d'espace que par les compressions budgétaires. Plusieurs écoles de la grande région de Montréal ont dû fermer leurs bibliothèques pour aménager des classes.

Un photoreportage d'Anne-Louise Despatie

La bourde de l'ancien ministre de l'Éducation, Yves Bolduc, qui avait minimisé l'importance des livres neufs avant de se raviser, a finalement contribué à protéger les bibliothèques scolaires des compressions l'an dernier.

Depuis 2005, un plan d'action gouvernemental consacre un budget spécial à l'achat de livres et à l'embauche de bibliothécaires dans les commissions scolaires. Mais dans certaines régions, l'augmentation du nombre d'élèves au primaire force des écoles à fermer leurs bibliothèques pour en faire des classes.

Pour voir sur votre appareil mobile ce graphique sur le budget spécial pour les bibliothèques, cliquez ici.

À la Commission scolaire de Montréal (CSDM), une quinzaine d'établissements ont dû empiéter sur la bibliothèque. Cette classe de 6e année était encore la bibliothèque de l'École Saint-Léon-de-Westmount l'an dernier. Les élèves doivent maintenant aller à la bibliothèque municipale toutes les trois semaines.

Les parents bénévoles ont rangé les 8000 livres, bien classés, au sous-sol.

Les élèves de l'École Notre-Dame-des-Victoires appellent cela leur « bibliothèque roulante », des chariots qui se promènent d'une classe à l'autre. Quand on transforme la bibliothèque en classe, ces chariots évitent que les livres dorment dans des boîtes.

Le coordonnateur aux services éducatifs de la Commission scolaire de Montréal, Pierre Chartrand, préfère parler des bibliothèques qui ont été rénovées, comme celle de l'École Saint-Jean-de-Brébeuf. Et quand une école surpeuplée doit fermer sa bibliothèque, il souhaite toujours que ce soit temporaire.

L'annexe de l'École Notre-Dame-des-Victoires dispose maintenant d'une bibliothèque toute neuve.

Grâce au Plan d'action sur la lecture à l'école, il y a maintenant 10 bibliothécaires à la CSDM pour les 170 écoles primaires et secondaires. Il n'y en avait que deux en 2006.

L'Association des libraires du Québec craignait une diminution des ventes de livres aux écoles l'an dernier. Mais après les hésitations de la rentrée, les commissions scolaires se sont finalement lancées dans l'achat de livres. Les libraires ont dû s'ajuster et répondre à des ventes tardives, concentrées à la fin de l'année scolaire. À la CSDM, les achats ont même augmenté de plus 4 % en 2014-2015.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Ce husky n'arrête pas d'éternuer!





Rabais de la semaine