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Quatre ans de prison pour le policier Eric Deslauriers

Le policier Eric Deslauriers a écopé d'une peine de détention de quatre ans pour l'homicide involontaire d'un jeune homme de 17 ans, dans le stationnement d'une polyvalente des Laurentides, en 2014.

Un texte de Geneviève Garon

Les mains dans les poches, sans être fouillé, ni menotté, le policer de 46 ans a quitté le box des accusés pour prendre le chemin des cellules, au palais de justice de Montréal, jeudi. La salle d'audience était remplie au-delà de sa capacité par des proches venus le soutenir en plus de membres de la famille de la victime.

La juge Joëlle Roy, de la Cour du Québec, a entériné la suggestion commune des deux parties et condamné le policier à quatre ans de détention. C'est la peine minimale pour un homicide involontaire impliquant une arme à feu.

Éric Deslauriers a abattu David-Hugues Lacour, 17 ans, après une poursuite policière à Sainte-Adèle, le 22 janvier 2014.

Le jeune homme était au volant d'un véhicule volé et s'était arrêté dans le stationnement d'une polyvalente, sur l'heure du dîner. Il a refusé d'obéir aux ordres du policier Deslauriers, qui a fait feu sur lui à deux reprises. Au procès, l'accusé s'était défendu en invoquant la légitime défense, puisque le conducteur aurait eu l'intention de foncer sur lui avec sa voiture.

La juge Roy a rejeté ses arguments, estimant que le policier n'était pas dans le trajectoire du véhicule et qu'il aurait pu se déplacer pour se protéger.

Sans remords

« Ni remords, ni regrets ne sont exprimés par l'accusé envers la victime », a noté la juge dans sa décision.

Eric Deslauriers avait brièvement témoigné au moment des observations sur la peine à lui imposer. « Il affirme qu'il lui faudra vivre avec le poids des événements toute sa vie et qu'il en est profondément troublé », a retenu le tribunal.

Comme le policier a porté sa condamnation en appel, la juge a reconnu qu'il pouvait s'être senti « coincé » lors de son témoignage, d'autant plus qu'il est un homme « introverti et de peu de mots ». Mais elle a aussi estimé que « choisir de témoigner, à ce moment précis des procédures, c'est aussi choisir ses mots ». Par contre, selon la jurisprudence, l'absence de remords ne peut être considéré comme une circonstance aggravante.

À cet égard, la juge a souligné que la victime n'était pas armée et que l'action s'est déroulée dans une cour d'école, sur l'heure du dîner, pendant que plusieurs personnes se trouvaient dans les environs. Elle a aussi considéré que le policier avait fait feu à deux reprises en visant la tête et les épaules.

L'absence d'antécédents judiciaires et un passé disciplinaire sans tache constituaient les circonstances atténuantes.

Rapidement libéré?

Éric Deslauriers peut rapidement s'adresser à la Cour d'appel s'il souhaite être libéré en attendant la suite des procédures judiciaires. Son avocate, Nadine Touma, n'a pas voulu préciser ses intentions.

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