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Quatre mois de prison pour avoir louangé Marc Lépine sur les réseaux sociaux

Un Montréalais de 24 ans écope de quatre mois de détention pour avoir publié des messages harcelants sur les réseaux sociaux de groupes féministes avec des mots-clics comme #JeSuisLépine en référence à Marc Lépine, l'auteur de la tuerie à l'école Polytechnique en 1989.

Un texte de Geneviève Garon

Alexandre Chebeir, qui plaidé coupable à une accusation de harcèlement criminel, devra aussi respecter de nombreuses conditions dans le cadre d'une probation de trois ans. C'est la décision rendue jeudi par le juge Yves Paradis de la Cour du Québec, qui soutient que le jeune homme a un problème persistant « de haine envers les femmes ou de préjugé défavorable envers la gent féminine ».

À l'été2016, Alexandre Chebeir a publié des commentaires sur la page du Réseau québécois en études féministes (RéQEF), dont un hyperlien vers un article, une photo de Marc Lépine et le mot clic #JeSuisMarc.

Puis, à l'automne, il a publié des commentaires semblables sur la page de la campagne Sans oui, c'est non! avec le mot-clic #JeSuisLépine. Il a aussi écrit un message privé à l'administratrice, qui disait entre autres : « Nous te vengerons O Marc Lépine » et « Un jour vous allez payer pour tout le mal que vous faites subir aux hommes! ». Ce jour-là, M. Chebeir a également fait des recherches sur son ordinateur au sujet de la tuerie de Polytechnique.

Des administratrices ayant reçu les messages ont témoigné du climat de peur qui s'est instauré après la réception des messages. « Les références à Marc Lépine lui glacent le sang, considérant la symbolique que représente la tuerie de l'École polytechnique », note le juge Paradis au sujet de la coordonnatrice du RéQEF.

Alexandre Chebeir souffre de problèmes de santé mentale importants. Il a affirmé ne pas avoir pris ses médicaments lorsqu'il a envoyé les messages. Mais cela ne l'excuse pas, estime le juge Paradis. « En invoquant ce drame, en s'identifiant à son auteur et en dirigeant les messages à de tels organismes, M. Chebeir était nécessairement conscient de l'impact qui serait créé », écrit-il.

Alexandre Chebeir a produit une lettre dans laquelle il s'excuse d’avoir effrayé les victimes et s'engage à ne plus proférer de menaces.

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