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Québec et Ottawa s'entendent pour financer le prolongement de la ligne bleue du métro

Le gouvernement du Québec prévoit annoncer officiellement lundi le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal vers l'est. Le fédéral devrait aussi confirmer à ce moment son intention de participer au projet, sans toutefois chiffrer son investissement dans l'immédiat.

La volonté du gouvernement de prolonger la ligne bleue ne fait aucun doute depuis plusieurs semaines. Dans le budget présenté la semaine dernière, il évaluait le coût des travaux à 3,9 milliards de dollars.

L'engagement d'Ottawa devait toutefois être confirmé. Selon nos informations, le premier ministre Justin Trudeau devrait être présent lors de l'annonce de lundi pour concrétiser la participation de son gouvernement.

Les détails de la contribution fédérale restent à définir, mais, en général, ce genre de projet est financé à 60 % par Québec et à 40 % par Ottawa.

Le chef de la Coalition avenir Québec n’y voit qu’une annonce électoraliste, à moins de six mois du prochain scrutin général.

Le premier ministre Philippe Couillard s'en est défendu vendredi matin.

« On peut toujours dire ça. On pouvait dire ça il y a trois mois, il y a six mois, il y a un an... Il y a toujours une élection quelque part », a-t-il dit.

La dernière version du projet de prolongement de la ligne bleue prévoit l'ajout de cinq stations, sur une distance de 5,5 kilomètres, jusqu'à l'arrondissement d'Anjou.

Les études préliminaires du projet estiment l’achalandage du prolongement à 25 600 usagers en pointe du matin, indique l'Agence régionale de transport métropolitain (ARTM).

L’est de Montréal a besoin de transport structurant

L’organisme Trajectoire Québec, qui milite pour la promotion des droits des citoyens en matière de transports collectifs, voit d’un bon œil le prolongement de la ligne bleue.

M. Pepin, qui insiste sur la nécessité d’un plan stratégique de l’autorité en matière de transports collectifs, rappelle que « la densification et la construction d’immeubles en hauteur a déjà commencé [sur la rue Jean-Talon], il y a plus d’une dizaine d’années ».

Il estime que « le REM et le SRB Pie-IX vont aider à soulager la ligne orange parce qu’à ce moment-là, les gens auront le choix pour descendre vers le sud ou vers le centre-ville, utiliser trois axes au lieu d’une seul ».

M. Pepin dit y croire cette fois-ci parce que « le transport collectif est dans le discours d'à peu près tous les élus au Québec ».

Un rééquilibrage entre l'est et l'ouest

Le prolongement de la ligne bleue est une bonne nouvelle pour les citoyens, les travailleurs et les entreprises de l’est de la ville, croit Christine Fréchette, PDG de la Chambre de commerce de l’est de Montréal.

« On était très inquiet de voir que du côté de l’ouest on développait le REM et que du côté de l’est, on attendait encore une annonce de cette nature, dit-elle. Le développement de ces cinq nouvelles stations ne va pas rééquilibrer complètement l’attractivité dans l’est en comparaison de celle de l’ouest, mais c’est un pas en avant! »

Christine Fréchette souligne que le transport collectif est un levier de développement économique.

« La première préoccupation des entreprises, lorsqu’elles décident de s’installer dans un territoire donné, c’est de savoir : "Est-ce que j’aurai accès facilement à de la main-d’œuvre?", explique-t-elle. Et c’est sûr que si le métro ne se rend pas dans le territoire convoité, l’entreprise y pense à deux fois avant de s’y implanter. »

Les nouvelles stations amélioreront aussi, selon elle, l’attractivité des commerces de la rue Jean-Talon Est et des Galeries d’Anjou.

Avec des informations de Julie Marceau et de Sébastien Bovet

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