Retour

Quelle est l'étendue des tueries de masse dans les milieux scolaires?

Dix ans se sont passés depuis la fusillade au Collège Dawson. Si de tels incidents ont bouleversé de nombreuses communautés canadiennes, ils sont relativement sporadiques et rares. État des lieux.

Un texte de Mélanie Meloche-Holubowski

Depuis les 40 dernières années, le Canada a vécu une dizaine de tueries de masse. La majorité d'entre elles ont eu lieu dans un établissement scolaire.

En fait, selon l'Étude sur la prévention de la violence dans les institutions publiques du Centre international pour la prévention de la criminalité, qui a analysé des dizaines d'études sur le sujet, 50 % des cas de tueries de masse à travers le monde ont lieu dans des institutions publiques (40 % dans des écoles et 10 % dans des édifices publics).

Selon cette définition, depuis 1975, il y a eu 9 tueries de masse parmi les 11 incidents répertoriés au pays, dont 4 au Québec et 3 en Alberta. Au total, ces tueries ont fait 35 morts et 66 blessés.

Un phénomène plus fréquent aux États-Unis

Plus de 60 % des tueries de masse en milieu scolaire ont eu lieu aux États-Unis. De 1957 à 2011, on compte 76 tueries dans des écoles américaines.

Depuis les cinq dernières années, les États-Unis ont connu 16 tueries en milieu scolaire qui ont fait plus de quatre victimes. Parmi ces attaques, on compte la tuerie de Newtown au Connecticut (28 morts, 2 blessés) et l'attaque au Collège Umpqua, à Roseburg, en Oregon (10 morts et 9 blessés).

Par contre, si les fusillades dans les écoles sont peu courantes en Asie, on dénombre depuis quelques années, des dizaines d'attaques meurtrières au couteau dans des écoles en Chine.

Un phénomène en croissance

De 1925 jusqu'à la fin des années 1970, les cas de fusillades en milieu scolaire sont isolés et sporadiques.

On remarque une légère augmentation dans les années 80, mais le pic est atteint dans les années 1990. D'ailleurs, on recense sept tueries seulement en 1999 - soit la même année que la fusillade à Columbine.

L'année suivante, on remarque toutefois une baisse, qui pourrait être attribuée à un contrôle plus serré de la sécurité dans les écoles et la prise de mesures de prévention.

Le phénomène a continué d'augmenter progressivement et a atteint un nouveau record en 2009 avec neuf tueries de masse.

Portrait des tueurs

Si ces incidents sont extrêmement médiatisés, les chercheurs ne s'entendent pas tout à fait sur les raisons qui poussent une personne à commettre des actes si violents dans des établissements scolaires.

Toutefois, un certain portrait des individus susceptibles de commettre une tuerie de masse semble émerger. De 1980 à 2011, l'âge moyen des tueurs de masse est de 26 ans et 2 mois. Par contre, dans le cas de tueries perpétrées dans les milieux scolaires, l'âge moyen des tueurs de masse baisse à 16 ans et 3 mois.

À travers le monde, les tueurs de masse sont à 96 % des hommes. Près du trois quarts des tueurs de masse ont été victimes d'intimidation.

Dans la littérature scientifique, il existe huit catégories de tueurs de masse, dont quatre sont souvent identifiés lors de tueries de masse en milieu scolaire :

  • Pseudo-commando : lourdement armé, le tueur est souvent en tenue de camouflage ou de guerrier. Il ne vise pas d'individu en particulier; il souhaite plutôt prendre sa revanche contre un monde injuste qui l'a exclu. (Exemple : Kimveer Gill du Collège Dawson)
  • Employé mécontent : il vise un groupe de personnes avec lesquelles il a travaillé et avec lesquelles il a vécu des expériences négatives. (Exemple : Valery Fabrikant de l'Université Concordia)
  • Citoyen mécontent : il cherche à se venger d'une injustice dont il croit avoir été victime (Exemple : Marc Lépine de l'École polytechnique)
  • Tueur de masse psychotique : souffre de maladies psychotiques ou d'un trouble de la personnalité. (Exemples : Marc Lépine et Kimveer Gill)

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un tsunami de glace sème la panique!





Rabais de la semaine