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Quelles régions gagnent et perdent des résidents? La réponse en carte

Montréal, Laurentides, Bas-Saint-Laurent, Côte-Nord, etc. : 190 000 Québécois ont changé de région administrative en un an. Ils s'arrêtent surtout en banlieue, en région pas trop éloignée ou près du fleuve, selon les nouveaux chiffres de l'Institut de la statistique du Québec.

Un texte de Marie-Ève MaheuTwitterCourriel

Certaines régions ont perdu des gens en 2014-2015, d'autres en ont gagné. Sur la carte, les territoires en rouge sont en déficit migratoire. Et c'est la Côte-Nord qui a le pire bilan.

Pour consulter la carte sur votre appareil mobile, cliquez ici. 

« Le nord du Québec, c'est notre Alberta », résume Mario Polèse, professeur en économie urbaine et régionale à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS).

Une baisse moins forte pour les autres régions

Mais mis à part la Côte-Nord, les régions éloignées s'en tirent mieux qu'avant, soutient la démographe à l'Institut de la statistique du Québec, Martine St-Amour. Elle donne en exemple l'Abitibi-Témiscamingue, qui a perdu 550 personnes cette année au final. « C'était 2000 au début du millénaire. Ça a beaucoup changé. »

Montréal continue de perdre le plus de résidents chaque année au profit d'autres régions : 14 500 en 2014-2015. La couronne élargie y gagne : la Montérégie, Laval, Lanaudière, et les Laurentides, qui est la région administrative avec le taux net de migration le plus élevé (0,87 %). Mais ce mouvement ralentie depuis quelques années. 

Mario Polèse, de l'INRS, y voit une démonstration que la grande époque d'expansion suburbaine est terminée. « Il y a encore des villes comme Sainte-Julie, Terrebonne ou Mascouche qui continuent de croître, mais la période d'explosion de la grande région de Montréal ou de Québec, où la population doublait tous les 20-30 ans, c'est fini! »

Il note aussi une nouvelle tendance des 18-25 ans à retourner vivre en ville. Une réalité qui se vit non seulement à Montréal, mais dans la majorité des grandes villes de l'Amérique du Nord, dit-il.

Notons que la population de Montréal augmente malgré tout grâce aux naissances et à l'immigration internationale.

On bouge moins

De façon générale, le taux de migration a diminué d'un point de pourcentage depuis le début des années 2000, d'un peu plus de 3 % à 2,4 %. Un phénomène qui est loin d'être unique au Québec. 

« Ça se vit aussi dans le reste du Canada et aux États-Unis », dit la démographe. « Un des premiers facteurs, c'est le vieillissement de la population. On sait que la migration est beaucoup plus élevée chez les jeunes dans la vingtaine, parce qu'il y a plusieurs événements comme les études postsecondaires, l'entrée sur le marché du travail, la naissance des premiers enfants. »

Mais ce n'est pas tout, puisque les chiffres montrent que les jeunes dans la vingtaine migrent aussi moins qu'avant. « Il y a plus d'offres de programmes dans les cégeps et les universités régionaux, des universités ont aussi ouvert des bureaux régionaux, et la formation à distance est de plus en plus développée avec les nouvelles technologies, ce qui peut peser dans la balance », dit Martine St-Amour. 

Autre hypothèse : la tendance qu'ont les jeunes de quitter de plus en plus vieux le nid familial, renforçant ainsi l'attachement à leur région, dit-elle. 

Le littoral, paradis des nouveaux retraités

Fait intéressant, des régions qui perdent historiquement beaucoup de leurs jeunes comme la Gaspésie-Les-îles-de-la-Madeleine et le Bas-Saint-Laurent s'en tirent de mieux en mieux en attirant les 55-64 au moment de leur retraite. Dans son bilan publié cette semaine, Martine St-Amour parle d'ailleurs de ces régions comme des « destinations appréciées des retraités ».

Mais ce coup de pouce ne peut durer qu'un temps. 

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