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Questionnements au sujet de l'approche policière auprès des personnes vulnérables

Tous s'entendent pour dire que l'immeuble où demeurait Pierre Coriolan - cet homme de 58 ans abattu lors d'une intervention policière, mardi soir, dans le quartier Centre-Sud, à Montréal - est reconnu pour héberger des personnes vulnérables. Alors, comment éviter un tel drame?

Décrit comme une « zone de non-droit » par la directrice de la Fédération des OSBL d’habitation de Montréal (qui en est le propriétaire), l’immeuble, situé à l’intersection de la rue Saint-André et de l’avenue Robillard, est le lieu de résidence de gens jugés à haut risque d’itinérance. Maladie mentale, toxicomanie et violence font partie du quotidien de l’endroit. Les locataires se plaignent d'un mauvais service de la police.

Pour le protecteur des itinérants de Montréal, Serge Lareault, il y aurait lieu d’en faire un lieu d’intervention prioritaire du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

« On sait que la majorité des locataires de cet immeuble ont besoin d’aide, peuvent souffrir de maladie mentale ou être très vulnérables. C’est certain que lorsqu’il y a un appel au 911 qui vient d’un édifice comme celui-là ou d’une autre source d’aide aux personnes itinérantes, il faut mettre ça en priorité : c’est important », estime-t-il.

Mohamed Bouhdid, du poste de quartier 21, soutient que « le service de police est un acteur parmi tant d’autres » dans ce cas.

« Il y a certaines problématiques qui vont au-delà de la responsabilité du SPVM. C’est un peu notre responsabilité de mettre les gens à la même table, pour vraiment travailler la problématique de façon durable, et non juste ponctuelle par des arrestations ou des expulsions », explique l’inspecteur du SPVM.

Coderre se dit à l'écoute

Le maire de Montréal, Denis Coderre, affirme que la Ville « va regarder ce qui se passe de ce côté-là ». « Les gens, s’ils trouvent qu’il y a un problème de vigilance, pour en faire plus, on va le regarder. Mon rôle, c’est d’être à leur écoute », dit-il.

Le Bureau des enquêtes indépendantes se penche sur cette intervention du SPVM, comme le veut la procédure. Les policiers en seraient venus à utiliser leur arme de service après avoir échoué à maîtriser l’homme en crise avec un pistolet électrique et des balles de plastique. Pierre Coriolan devait être évincé de son logement le 1er juillet.

« Il faut empêcher le danger de se déplacer; il faut empêcher le danger de grandir. Il faut se servir de la force pour se rendre maître d’une situation, et, malheureusement, cette force-là inclut l’utilisation du pistolet, de l’arme à feu », résumait l’analyste en affaires policières François Doré, plus tôt cette semaine.

Un appel à manifester dimanche a été lancé sur les réseaux sociaux par les organismes Montréal Noir, Black Lives Matter Montréal et Hoodstock, pui relayé par le Collectif opposé à la brutalité policière.

En plus de critiquer l’intervention policière et le manque de suivi des recommandations après de tels incidents, ces organismes veulent dénoncer ce qu’ils décrivent comme du profilage racial et social de la part des forces de l’ordre.

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