Retour

Rassemblement de motocyclistes qui se disent harcelés par les policiers

La saison de moto bat son plein, mais plusieurs motocyclistes québécois estiment qu'ils sont victimes de contrôles policiers abusifs, notamment sur la question du bruit. Ils envisagent un recours collectif pour harcèlement.

Un texte de Michel Marsolais

Près de 300 motocyclistes se sont réunis dimanche à Laval pour protester contre ce qu'ils estiment être des contrôles abusifs et du harcèlement de la part des policiers.

« C'est de montrer à la population qu'on commence à être tannés de se faire toujours harceler quand on se promène. On se fait ramasser sur le bord des routes, puis on attend pendant des heures pour des vérifications qui ne sont même pas légales », affirme Daniel Ouimet, un organisateur du rassemblement.

Les doléances des motocyclistes concernent surtout le contrôle des pièces modifiées ou celles qui ne proviennent pas du fabricant.

« Ça fait depuis les années 1950 qu’Harley Davidson produit cette aile-là. Elle est envoyée sur toutes les motos partout dans le monde. C'est seulement au Québec, la seule province au monde, où elle est considérée illégale », dit un motocycliste en montrant l’aile un peu courte de son véhicule.

Même les casques qui n’ont pas de certification récente n'échappent pas aux amendes de 130 $.

Bruit

Les bruits du système d'échappement sont particulièrement visés par les contrôles. La limite pour une moto est de 100 décibels.

Jusqu'à tout récemment, les policiers n'avaient pas d'instrument pour mesurer adéquatement le nombre de décibels émis par les moteurs. Un nouveau sonomètre testé depuis trois ans par un projet-pilote risque de changer les choses.

La mesure de l’appareil est précise, mais le processus est laborieux et très long. Plus de 3000 motos ont été vérifiées dans le cadre du projet-pilote et 43 % étaient en infraction.

Certains motocyclistes prétendent qu'une moto bruyante améliore la sécurité malgré l'irritation que causent les bruits d'échappement excessifs.

À la Sûreté du Québec, on indique que les patrouilleurs ne font que faire respecter les lois en vigueur.

Le mot d'ordre de plusieurs motocyclistes est de contester au maximum les contraventions jugées injustes. Entre-temps, certains ont décidé de rouler davantage en Ontario et aux États-Unis.

Lors du rassemblement de Laval, les propriétaires de motos ont pu échanger avec l’avocat Hugo Vaillancourt, mais ils devront documenter des cas et amasser de l’argent avant de déposer un recours collectif.

Plus d'articles