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Recruter des minorités en politique à Montréal, un défi

À l'issue des élections de dimanche, six personnes ayant déclaré appartenir aux minorités visibles ont été élues à la Ville de Montréal. C'est une amélioration par rapport à 2013, où il n'y en avait eu que trois. Mais est-ce assez?

Un texte de Ximena Sampson

Les minorités visibles, c’est-à-dire les personnes qui n'ont pas la peau blanche, représentent plus du tiers des résidents de Montréal. Au conseil municipal, cependant, il n’y a que 7 % des élus qui ont déclaré être une minorité visible.

Les minorités visibles les plus présentes à Montréal sont les Noirs et les Arabes, mais au conseil municipal, ces groupes restent sous-représentés.

« Le conseil municipal de Montréal demeure encore trop peu représentatif de la diversité raciale de Montréal », déplore Fo Niemi, président du Centre de recherche-action sur les relations raciales.

Qui plus est, puisque presque tous les élus issus des minorités sont dans l’opposition, il dit craindre qu’aucun d’entre eux ne se retrouve au comité exécutif ni à la présidence des commissions permanentes.

Encore du chemin à faire

Les partis politiques ont fait des efforts de recrutement. Sur les 298 candidats qui se sont présentés aux élections, 14 % ont déclaré appartenir à une minorité visible. C’était 11 % lors des élections de 2013.

C'est que l’entrée en politique est encore difficile pour les immigrants, croit Carolle Simard, professeure au Département de sciences politiques de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).

« La participation politique est le troisième moment de l’intégration », croit-elle. « C’est ce qui se fait en dernier ». C’est l’intégration économique qui vient d’abord, suivie de l’intégration sociale.

Ce n’est que lorsqu’une personne a réussi à trouver un emploi et un réseau social qu’elle peut envisager de participer politiquement.

Un reflet de la population

« C’est un problème de ne pas pouvoir s’identifier avec ce que l’on voit au gouvernement ou au conseil municipal », déclarait Cathy Wong à CBC au lendemain de son élection. La conseillère de Ville-Marie est la première personne d’origine chinoise à être élue au conseil municipal de Montréal.

« Quand on ne se voit pas dans ces sphères de pouvoir, on ne sent pas qu’on en fait partie », ajoute-t-elle.

Il est important qu’il y ait des minorités visibles à l’Hôtel de Ville pour envoyer un message, notamment aux jeunes issus de ces communautés, comme quoi ils peuvent, eux aussi, accéder aux postes de pouvoir. Mais c’est important aussi pour la vie de la métropole dans son ensemble, croit M. Niemi.

« Les gens issus des minorités apportent avec eux des expériences de vie et des connaissances particulières liées à leur condition », ajoute-t-il. Ce vécu peut enrichir les décisions de l’administration dans des domaines qui touchent de près ces communautés, comme la précarité d'emploi, le chômage ou les relations avec la police.

Pour essayer de contrer le manque de représentativité du conseil municipal, le Centre de recherche-action en relations raciales demande à la nouvelle mairesse, Valérie Plante, de nommer des membres des minorités visibles à des postes-clés au sein des structures relevant de la Ville, comme les sociétés paramunicipales.

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