Depuis maintenant près de 10 ans, des milliers de réfugiés népalais se sont installés au Canada. De ce nombre, plus de 1800 se sont retrouvés au Québec. Aujourd'hui, ils sont nombreux à avoir quitté la Belle Province pour l'Ontario, ou à songer à le faire, pour différentes raisons. Certains choisissent malgré tout de rester.

Un texte de David Savoie

Les membres de la famille Bastola ont choisi de demeurer à Saint-Jérôme. Assis dans leur salon, Tikaram, Damber Kumari et leur fille aînée Nirmala expliquent qu'ils s'y sentent maintenant chez eux. La ville des Laurentides a accueilli 26 familles depuis 2008. Aujourd'hui, il n'en reste qu'une poignée, de confession catholique, et deux familles de confession hindouiste, dont les Bastola.

Après avoir passé 18 ans dans un camp de réfugiés, Tikaram est arrivé au Québec sans parler un mot de français, sans ni même être allé à l'école. Aujourd'hui, il parle français, il a un emploi et peut envisager de s'acheter une maison.

Sa fille Nirmala travaille dans une résidence pour personnes âgées, et voudrait poursuivre dans ce domaine.

Le chemin parcouru pour avoir un emploi à Saint-Jérôme a été ardu. Il y a à peine 10 ans, ils étaient des apatrides. Ils sont des Lhotsampa, une ethnie népalaise qui a vécu pendant des siècles au Bhoutan voisin. Au tournant des années 90, le gouvernement bhoutanais a imposé des changements dans les politiques du pays, ce qui a forcé le départ de dizaines de milliers de personnes.

Ils se sont entassés dans des camps au Népal, qui ne leur reconnaissait pas la nationalité népalaise.

La communauté internationale s'est mobilisée et en 2008, le Canada accueillait les premiers réfugiés népalais.

Partir ou rester

Depuis ce temps, beaucoup de ceux installés au Québec ont migré vers l'Ontario. Nirmala se dit triste d'avoir constaté le départ de plusieurs membres de la communauté népalaise. « D'un autre côté, il faut comprendre que mes parents ont trouvé un travail. Nous, on est bien ici », dit-elle.

Comme d'autres, les Bastola, eux aussi, ont songé à déménager en Ontario. La barrière de la langue paraissait moins difficile à surmonter puisqu'ils avaient des bases en anglais. La communauté népalaise y est plus nombreuse, les lieux de culte aussi. Leur deuxième fille y est même allée, pour tâter le terrain. L'expérience n'a cependant pas été concluante, et elle reviendra à Saint-Jérôme.

Tikaram constate que ce n'est pas plus facile d'apprendre l'anglais, même s'il possède des bases. « En français, nous avons dû commencer avec A, B, C, D », ajoute sa fille Nirmala, « mais en anglais, nous avions déjà un peu parlé. Nous avions l'impression que nous allions apprendre l'anglais plus facilement, plus rapidement. »

La jeune femme estime aussi que les membres de sa communauté sont habitués à rester ensemble. Si une famille déménage, dit-elle, tous vont suivre.

La famille Bastola paraît maintenant bien déterminée à rester à Saint-Jérôme, et ils disent se sentir comme des Québécois.

L'organisme Le Coffret aide les immigrants à s'intégrer dans la ville des Laurentides. La directrice générale, Line Chaloux, estime que le tempérament des Népalais les aide à s'adapter. Selon elle, « ils sont déterminés à s'intégrer et ils ont la volonté de passer à travers les obstacles ».

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