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Réfugiés syriens : un bilan positif après un an au Québec

Le 12 décembre 2015, le premier avion nolisé avec, à son bord, des réfugiés syriens atterrissait à Montréal. Un an plus tard, Québec a souhaité célébrer cet anniversaire à Montréal en compagnie de familles et de quelques ministres.

Les enfants font des dessins, les parents discutent. Une scène assez banale. Mais pour Kamel Ayyash, elle était encore inimaginable il y a un an. Installé au Liban avec ses six enfants et sa femme après avoir fui la Syrie, il pensait finir sa vie au Liban, puis le Canada les a parrainés et ils ont atterri à Brossard. « Le Canada m’a sauvé », dit-il en arabe, car son français, malgré les cours de francisation qu’il suit, est encore limité.

« C’est comme si j’avais coulé au fond de l’océan et le Canada m’a sauvé comme un maître-nageur », explique-t-il. Kamel se trouve même chanceux. Il rêve d’être coiffeur, mais la route est encore longue.

Si Québec compte bien atteindre son objectif d'accueillir 7300 réfugiés syriens d’ici le 31 décembre, le gouvernement observe aussi le chemin parcouru.

Le bilan est positif. Dans l’ensemble, l’opération a été un succès retentissant et même historique. Cependant, il y a toujours place à l’amélioration.

Kathleen Weil, ministre québécoise de l’Immigration

Le gouvernement a déjà ciblé quelques pistes : la francisation, la formation des intervenants sur la réalité des réfugiés, l’accès à l’emploi ou encore le jumelage avec des familles québécoises. Plus de la moitié des réfugiés accueillis au Canada ne parlent ni français ni anglais et les défis au niveau de la langue et de l’éducation sont réels.

Le directeur général du regroupement interculturel de Drummondville, Darryl Barnabo, qui attend encore de nouveaux réfugiés syriens dans les prochaines semaines, propose quant à lui de lier francisation et emploi en même temps.

« La francisation reste un des gages du succès, mais ce n’est pas [une] panacée. Ils travaillaient dans leur langue donc, comment utiliser ces capacités […] il faut penser comment leur apprendre avec des projets spécifiques », explique Darryl Barnabo, qui plaide aussi pour le jumelage, car selon lui, « l’intégration ne passe pas que par les organismes, mais aussi par le québécois de souche […] c’est un gage de succès ».

Le directeur général d’actions réfugiés Montréal, Paul Clarke, estime d’ailleurs qu’il faut leur « laisser une chance d’avoir un emploi, même pour quelqu’un qui ne maîtrise pas à 100 % la langue, cela fait partie de l’intégration ». D’autant plus que les parrains, pour ceux parrainés par le privé, se sont engagés à les soutenir pour un an.

L’horloge tourne et l’angoisse pointe pour plusieurs. Ranin Dayoub envoie CV sur CV, mais on lui répond toujours qu’elle doit améliorer son français, ce qu’elle tente de faire en suivant des cours.

Pour le ministre canadien de l’Immigration, John McCallum, le Canada a pris la bonne décision en accueillant ces 36 393 réfugiés syriens. Et il l’a incarné en parlant de la jeune Mirna qui a chanté au début de la rencontre. « Plus de la moitié de ces réfugiés ont moins de 19 ans […] nous avons un pays vieillissant, c’est bon d’avoir plus de jeunes ».

Comme nous avons vu avec les réfugiés dans le passé, les Vietnamiens par exemple, ils contribuent à cette société, à l’économie. C’est un acte humanitaire à court terme, mais un bon investissement pour le pays à long terme.

John McCallum, ministre canadien de l'Immigration

Le premier ministre, Justin Trudeau, a également souligné sur Twitter l'anniversaire de l'arrivée des premiers réfugiés syriens au Canada.

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