Rémi Garde a livré ses états d'âmes avec franchise lors de son allocution matinale avec les médias, mardi. Le sélectionneur de l'Impact a répondu à chacunes des questions qui lui ont été posées sans faux-fuyant.

Un texte de Michel Chabot

Après une quatrième défaite de suite, samedi à Atlanta, les hommes de Garde affichent désormais une fiche de 2-6-0 et sont plus près de la cave du classement de l'Est que de la 6e position, nécessaire pour une qualification en série.

L’entraîneur est parfaitement conscient de cette situation mais il s’accroche aussi au fait que l’Impact menait 1-0 après 70 minutes de jeu à Atlanta, face à une des grandes puissances de la MLS, avant de voir le tapis lui glisser sous les pieds.

« Il y a toujours de l’optimisme, il le faut. Je pense qu’on est dans une situation difficile, personne ne peut le nier. Disons que des sentiments pénibles nous habitent. »

« J’ai confiance dans ce groupe, très sincèrement, enchaîne-t-il. On est dans une période où le vent souffle de face. À nous de tirer d’un bord et de prendre le vent différemment. J’ai confiance parce qu’il y a de la qualité dans ce groupe. Je pense que le groupe est uni. On peut faire mieux dans ce sens-là. »

La confiance est cependant fragile à quatre jours de la visite du Revolution de la Nouvelle-Angleterre, samedi, au Stade Saputo.

« Il faut garder confiance parce que la confiance dans le football est un sentiment très important, affirme Garde. Et pour avoir de la confiance, il faut bien travailler, mieux travailler sans doute.

« On ne peut pas rester les deux pieds dans le même sabot, comme on dit, lorsque les choses ne fonctionnent pas, ajoute le Français de 52 ans. Bien évidemment que moi j’ai une adaptation et une évolution à faire par rapport à ce qu’on a fait. »

Quand on lui demande si le temps est peut-être venu de faire appel à des joueurs qui étaient partants en 2017 et qui sont peu utilisés cette saison, à savoir Dominic Oduro et Anthony Jackson-Hamel, le patron ne s’est pas caché derrière les rideaux.

« De ce que je vois à l’entraînement, et je peux le dire aussi sur les autres aussi, sur Jackson, c’est pas suffisant, très sincèrement, pour que je me dise que c’est quelqu’un, quand je me tourne sur le banc de touche, qui va faire basculer le match. »

Dans le cas d’Oduro, utilisé pendant à peine 5 minutes sur deux matchs, il s’est tout de même donné deux chances de marquer, ce que Garde a bien sûr remarqué. Est-il satisfait pour autant du Ghanéen? Pas nécessairement.

« S’il s’est crée une belle occasion, peut-être que je peux me dire aussi qu’il devait marquer », fait remarquer Garde, sourire en coin.

« Je suis pas là en train de dire qu’à 100 pour cent, il devait marquer mais on peut voir aussi la chose, OK on s’est créé des occasions, et c’est la même chose pour Alejandro, pour la belle occasion du 2-0. Je peux dire ‘’comment ça se fait qu’il ne la met pas’’ ou bien dire ‘’c’était un mouvement fantastique et il était là au bon moment grâce à Nacho qui est rentré’’. »

Cela dit, Garde veut que les réservistes démontrent plus de hargne et lui prouvent qu’ils méritent une place sur le onze de départ.

« J’ai des joueurs dans l’effectif qui n’ont pas encore suffisamment la culture de l’entraînement. Donc il faut que je sois derrière eux plus souvent, pour les aider. C’est à ceux qui ne jouent pas de me mettre dans l’embarras pour ne pas me donner le choix de les faire jouer. »

Le dossier Edwards

Le Canadien Raheem Edwards, acquis dans l’échange qui a envoyé Laurent Ciman à Los Angeles, en est un autre qui donne des maux de tête à l’entraîneur. Encore là, Garde a voulu donner l’heure juste.

Après avoir amorcé le premier match de la saison, à Vancouver, on n’a pas revu Edwards dans la formation partante. Depuis, le milieu de 22 ans n’a été sur le terrain que pendant 42 minutes.

« Le groupe a besoin de lui, tout le monde l’aime beaucoup ici, poursuit-il. Mais je crois que c’est quelqu’un qui a besoin de changer son comportement et de comprendre que le football professionnel c’est un métier. »

Fins de matchs problématiques

Un collègue de la presse écrite a demandé à l’entraîneur où se trouvait l’espoir pour les partisans, alors que rien ne semble aller pour l’Impact et que l’équipe manquait d’énergie en fin de rencontres.

« Quand vous dites qu’on manque d’énergie en deuxième mi-temps, je pense que vous faites référence à des matchs où on est en infériorité numérique à la 15e ou la 30e minute, a tenu à préciser Garde. Je ne connais pas beaucoup d’équipes qui sont supérieures à leurs adversaires en jouant pendant une heure en infériorité numérique. Je pense que vous êtes d’accord avec moi? »

« Mais à New York étiez-vous en infériorité numérique? », a renchéri le journaliste.

« Non, tout à fait, a rétorqué l'entraîneur. Mais je ne peux pas vous laisser dire que c’est tous les matchs où… voilà. On ne peut pas faire d’un match, où on était tous conscients qu’on n’avait pas fait ce qu’il fallait en deuxième mi-temps, pour dire que les quatre matchs qu’on vient de passer sont les mêmes.

De l’espoir, Rémi Garde en trouve toutefois en regardant le calendrier. Après avoir amorcé la saison avec six de ses huit premiers matchs sur la route, l’Impact jouera devant ses partisans lors de trois de ses quatre prochains duels.

Et qui sait, le directeur-général Adam Braz lui aura peut-être trouvé du renfort avant la limite des échanges dans la MLS, fixé à minuit en ce mardi.

Plus d'articles