Retour

Rencontre sur l'eau potable : Québec fait la sourde oreille

Les 275 municipalités qui souhaitent imposer des normes plus sévères pour protéger leurs sources d'eau potable n'ont finalement pas pu faire entendre leur point de vue auprès du ministère de l'Environnement.

Réunis à Drummondville, samedi, une cinquantaine d'élus municipaux s'attendait à débattre et échanger avec des représentants du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC).

Toutefois, la rencontre a pris une tournure inattendue. Les représentants du ministère se sont fait entendre, mais ils ont quitté les lieux tout de suite après leur discours. Ils n'ont donc pas entendu l'exposé du collectif scientifique qui travaille bénévolement pour les municipalités.

Le maire de Ristigouche-Sud-Est, François Boulay, s'est dit déçu de l'issue de cette rencontre, et pour cause : sa municipalité fait face à une poursuite de 1,5 million de dollars de la compagnie Gastem, qui lui reproche d'avoir adopté un règlement pour protéger ses sources d'eau potable.

Toutefois, la porte-parole des municipalités a reçu la confirmation que les experts des deux parties auront une rencontre.

Des lois plus sévères réclamées

Les maires des 275 municipalités impliqués dans la démarche demandent une dérogation au Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection (RPEP) pour imposer des normes plus sévères. Ils proviennent de plusieurs régions du Québec, dont l'Estrie, le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, la Côte-Nord, l'Abitibi, Québec et Montréal.

Le RPEP a été mis en place en 2014. Il fixe à 500 mètres la distance entre un forage et une source d'eau potable. Toute opération de fracturation doit être menée minimalement à 600 mètres. Les maires réclament, pour leur part, une distance minimale de deux kilomètres.

Le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) a d'ailleurs recommandé au gouvernement, dans un rapport sur la fracturation hydraulique, l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent déposé en décembre 2014, de revoir ses normes parce qu'il les jugeait inappropriées.

Plus d'articles

Commentaires