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Retour en cour de l'agriculteur qui a déversé 12 000 litres de purin devant l'UPA

Alors qu'il doit se présenter pour sa deuxième audience au palais de justice de Longueuil, mardi, le producteur laitier Michel Fabry est soulagé de constater que le milieu agricole se mobilise pour l'aider à payer une facture de 35 000 $ envoyée par la compagnie d'assurance de l'Union des producteurs agricoles (UPA). L'agriculteur montérégien est accusé d'avoir déversé 12 000 litres de purin devant les bureaux administratifs de l'UPA, au printemps dernier, pour dénoncer la baisse du prix du lait.

Un texte de Geneviève Garon

« Ça m'enlève une grosse boule dans l'estomac », affirme Michel Fabry, au sujet du Fonds de soutien pour les producteurs agricoles, une campagne de financement mise en ligne cette semaine par trois de ses semblables. Ce geste de solidarité le touche après les ennuis qu'il s'est attirés.

Le 15 mai dernier, la producteur laitier d'Henryville de 56 ans a déversé sa citerne de purin dans le stationnement de l'UPA, et y a laissé 12 000 litres de lisier.

Accusé de méfait, le quinquagénaire n'a pas l'intention d'être présent mardi en cour et il laissera son avocat, Roger Paquin, le représenter lors de cette audience qui devrait être courte. Michel Fabry affirme que l'affaire est très stressante, notamment en raison de la facture de 35 000 $ que la compagnie d'assurance de l'UPA lui a envoyée pour le nettoyage de son stationnement, sans compter des frais juridiques qu'il doit débourser.

« Je prends cela un jour à la fois. Ça risque d'être long », dit-il, alors qu'il attend les conseils de son avocat pour déterminer s'il va se rendre jusqu'au procès ou plaider coupable avant, si une entente intervient avec le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

« Je l'ai fait pour les bonnes raisons »

Par son geste d'éclat, Michel Fabry souhaitait tirer la sonnette d'alarme au sujet des producteurs laitiers qui tirent le diable par la queue en raison de la diminution du prix du lait. Le propriétaire de 65 vaches « à traire matin et soir » soutient avoir perdu plus de 100 000 $ depuis 2015 et s'inquiète pour les jeunes intéressés à prendre la relève des fermes, comme deux de ses filles.

« On veut transférer à nos jeunes quelque chose de viable, mais on voit que le prix descend tout le temps... Qu'est-ce qu'on leur laisse? Un cadeau empoisonné?! » demande-t-il. L'accusé estime que la campagne de financement lui permettra d'évaluer ses appuis dans le monde agricole.

Un objectif de 100 000 $

L'un des organisateurs de la campagne de financement, l'agriculteur Bruno St-Pierre, de Grenville-sur-la-Rouge, dans les Laurentides, espère récolter jusqu'à 100 000 $ pour soutenir Michel Fabry.

Même si la plupart des fermiers doivent se serrer la ceinture présentement, il estime que cet objectif est réaliste. « Je pense que la solidarité des agriculteurs est forte. C'est possible de donner un peu sans se mettre dans une situation précaire. »

Après une journée en ligne, la page Facebook du groupe comptait environ 80 membres.

Selon M. St-Pierre, le fonds pourrait éventuellement soutenir financièrement d'autres agriculteurs, notamment avec les craintes de la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain. « On voit de plus en plus de détresse », soutient-il.

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