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Retour vers la prospérité pour le Grand Prix du Canada

C'est dans un peu plus de deux semaines que sera couru le 40e Grand Prix de Formule 1 du Canada, sur le circuit Gilles-Villeneuve, à Montréal. Les organisateurs de l'événement se réjouissent du regain de l'engouement des amateurs pour la F1.

Un texte de Michel Chabot

François Dumontier a de bonnes raisons de sourire en ce mercredi. Non seulement vient-il d’être admis au Temple de la Renommée du sport motorisé canadien, ce qui le rend fier, les billets de son grand prix s’écoulent bien.

L’augmentation des ventes est de 8 ou 9 pour cent comparativement à la même période l’année dernière alors que déjà, en 2017, on se targuait d’une amélioration de 12 pour cent aux guichets.

Peut-on relier ce succès au retour d’un pilote québécois au sein du grand cirque? Dumontier ne le cache pas, à un point tel qu’il annonce qu’environ 1000 places ont été ajoutées à la section Lance Stroll, dans l’épingle.

« On ne peut nier que ç’a un grand impact, dit Dumontier. À chaque fois qu’un pilote de chez nous court devant les siens, il y a une curiosité qui s’installe. Par exemple, Felipe Massa a pris sa retraite cette année et le Grand Prix du Brésil en subit un peu les contrecoups. Alors qu’on ait Lance, c’est une excellente nouvelle. »

La F1 à Montréal retrouve donc quelque peu de sa superbe mais on n’atteindra pas les records des années où Jacques Villeneuve s’illustrait. Mais n’allez pas commettre l’erreur de comparer

ces deux époques prévient Dumontier, tout en écorchant Williams, au passage.

Cela dit, un autre pilote canadien prendra le volant au cours du week-end, soit le Torontois Nicholas Latiifi. Le jeune homme de 22 ans prendra place dans une voiture de Force India lors des essais libres du vendredi matin.

Une nouvelle ère

Cette édition du Grand Prix du Canada permettra de tourner une page d’histoire alors que l'événement entrera dans sa cinquième décennie. Peu après le drapeau à damier final du 10 juin, les garages vieux de trente ans seront démolis et les travaux de construction du nouvel édifice, au coût de 60 millions de dollars, pourront commencer afin d'être complétés à temps pour la course de 2019.

« C’est une nouvelle ère, une nouvelle image qu’on va projeter de la ville, s’enorgueillit le président. Une image moderne. Les garages seront vraiment au goût du jour de la F1, on aura plus d’espace évidemment, on va en profiter pour s’agrandir un peu. Et surtout, ce sont des installations permanentes. Depuis toujours, nous travaillons dans des installations temporaires. »

Selon François Dumontier, seules 5 pistes européennes ont été plus fréquentées par la F1 que le circuit de l’île Notre-Dame. Et l’association entre Montréal et la Formule 1 n’est pas sur le point de prendre fin.

« À ce que je sache, estime Dumontier, nous avons le plus long contrat à ce jour en Formule 1, qui nous amène jusqu’en 2029. »

Le Groupe Octane que dirige l’homme de 51 ans veut par ailleurs se dissocier du phénomène de la prostitution, souvent relié à son événement dans les médias.

« On a déjà envoyé une lettre à tous les gens qui vont travailler sur le site, leur demandant de surveiller leur tenue vestimentaire, de surveiller ceux avec qui ils vont travailler dans leur kiosque, d’avoir une certaine égalité entre les hommes et les femmes. On peut faire un parallèle avec ce que le Festival de jazz a fait l’été dernier, avec le programme Les Hirondelles », ajoute Dumontier.

Et ne cherchez plus les « grid girls », ces jeunes femmes qui accompagnaient notamment les pilotes sur la grille de départ lors de l’hymne national. La Formule 1 tourne la page sur cette période machiste et Montréal emboîte le pas.

Dorénavant, ce sont de jeunes adeptes canadiens du karting, de 6 à 11 ans, qui seront sélectionnés. On les jumellera chacun à un pilote et ils recevront une combinaison et une casquette.

C’est Annie Villeneuve, incidemment, qui interprètera l’hymne national canadien. La chanteuse québécoise, heureuse d’avoir été choisie, a également décidé de composer Enivré, la chanson officielle de ce 40e Grand Prix du Canada.

L’après-Ecclestone

Bernie Ecclestone a régné sur la Formule 1 pendant trente ans. Son départ forcé par l’entrée en scène du conglomérat américain Liberty Media, l’année dernière, se veut une bénédiction pour les intervenants de la plus prestigieuse « ligue » de sport automobile.

Avec à sa tête Chase Carey, la F1 a désormais une approche plus démocratique que celle de son prédécesseur qui agissait en véritable dictateur.

« La lune de miel se poursuit, assure Dumontier. Ils ont appris beaucoup dans la première année. Ils en sont à leur deuxième saison de F1. Ce qui est intéressant pour nous les promoteurs, c’est l’écoute. Ces gens-là nous consultent beaucoup. Nous échangeons avec eux, ils sont très ouverts aux nouvelles idées. »

Les pilotes sont aussi plus accessibles que jamais. Liberty Media veut ainsi que le public puisse mieux les connaître. Rien à voir avec ce qui se passait auparavant.

« À la fin de l’ère ‘’Bernie’’, Lewis (Hamilton) s’est déjà fait reprocher d’avoir mis une photo sur ses réseaux sociaux pendant qu’il était à un grand prix, expose Dumontier. Il encourageait les gens à venir à ce grand prix-là et s’était fait reprocher de l’avoir utilisée alors que maintenant c’est tout le contraire. »

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