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Retrait d'accusations de viol collectif contre deux adolescents

Une fille de 14 ans et un garçon de 15 ans, accusés d'avoir agressé sexuellement une adolescente avec deux autres jeunes en mars à Montréal, ont finalement plaidé coupables à un seul chef d'accusation de production de pornographie juvénile. Les événements sont loin d'être aussi cauchemardesques que ce qui avait été rapporté.

Un texte de Geneviève Garon

L'affaire, fort troublante, avait fait grand bruit au printemps : quatre adolescents, une fille et trois garçons, avaient comparu en Chambre de la jeunesse pour avoir perpétré un viol collectif, filmé la scène et partagé les images sur les réseaux sociaux, le 24 mars dernier. La victime était une adolescente de 13 ans.

Or, l'enquête s'est poursuivie et a permis de conclure qu'il n'y a pas eu d'agression sexuelle.

« Ce plaidoyer survient après une évaluation et analyse complète de la preuve, incluant les compléments d'enquête, la preuve technologique ainsi que les versions de toutes les personnes impliquées dans cet événement », explique par courriel la procureure aux poursuites criminelles et pénales Karine Destrempes.

La version initiale

Le 27 avril dernier, lors de l'enquête sur remise en liberté de l'accusée, le récit d'une soirée d'horreur avait été raconté à la Cour par un policier.

La victime de 13 ans avait confié aux enquêteurs être allée à une fête dans un appartement de Montréal, sans supervision parentale. Elle s'était rendue dans une chambre avec deux garçons et une fille, puis un objet avait été utilisé pour l'agresser sexuellement. L'adolescente avait manié ledit objet pendant qu'un des garçons la maintenait immobilisée. La scène avait été filmée par un cellulaire et partagée sur les réseaux sociaux.

Un mois plus tard, quatre adolescents avaient été arrêtés et accusés d'agression sexuelle avec une autre personne, d'agression sexuelle armée, de séquestration et de possession, production et distribution de pornographie juvénile.

Pas d'agression sexuelle

Or, les événements de la soirée sont finalement fort différents de ce qui avait été décrit initialement.

Par conséquent, le 27 juin dernier, une fille de 14 ans et un jeune homme de 15 ans ont uniquement plaidé coupables à une accusation de production de pornographie juvénile. Les autres chefs d'accusation ont été retirés.

« Ces plaidoyers de culpabilité sont tout à fait conformes à la preuve que la poursuite était en mesure de démontrer en lien avec la participation des deux accusés dans cet événement », écrit Me Destrempes.

Selon la version présentée en Chambre de la jeunesse, le soir de la fête, la victime a eu des contacts sexuels avec un garçon dans une chambre, alors qu'un autre couple prenait place dans un lit séparé. Un des jeunes a filmé une partie de la scène avec un cellulaire, ce qui constitue de la pornographie juvénile puisque la victime est mineure.

Peines de probation

La juge Taya Di Pietro a imposé une probation de 15 mois à l'accusée. Son acolyte a écopé d'une probation de 12 mois assortie de 30 heures de travaux communautaires.

Tous deux doivent suivre un programme d'éducation sexuelle et fournir un échantillon d'ADN. Il leur est interdit d'aller sur Internet, sauf en présence d'un adulte au courant de leur condamnation. Ils ne doivent pas non plus communiquer avec la victime ou se trouver en sa présence.

Leurs deux coaccusés seront de retour en Chambre jeunesse cet été pour la suite des procédures judiciaires.

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