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Richard Henry Bain espère la même peine que le caporal Lortie

Richard Henry Bain, l'auteur de l'attaque au Métropolis en 2012, est de retour en cour aujourd'hui, au lendemain de son 66e anniversaire. Son avocat va plaider pour qu'il passe un minimum d'années derrière les barreaux. Il compte effectuer des parallèles avec Denis Lortie, le tireur du Parlement à Québec qui a tué trois personnes il y a plus de 20 ans.

Un texte de Geneviève Garon

Faute d'avoir su convaincre le jury de le déclarer non criminellement responsable, Richard Henry Bain espère maintenant obtenir la clémence du juge Guy Cournoyer. Les observations sur la peine à lui imposer devraient commencer ce matin au palais de justice de Montréal.

Le 23 août dernier, 12 jurés ont déclaré Richard Henry Bain coupable du meurtre non prémédité du technicien de scène Denis Blanchette et de trois chefs d'accusation de tentative de meurtre.

Le 4 septembre 2012, M. Bain, lourdement armé, s'est rendu au Métropolis, à Montréal, lors d'un rassemblement pour la victoire de Pauline Marois et du Parti québécois, Il n'a tiré qu'une seule balle avant que son arme ne s'enraye. Il a tué Denis Blanchette et blessé gravement un autre technicien, Dave Courage.

L'accusation de meurtre non prémédité entraîne automatiquement une peine d'emprisonnement à perpétuité. Ce sera au juge de décider dans combien de temps le sexagénaire aura droit à une libération conditionnelle. La période d'admissibilité varie entre 10 et 25 ans.

L'avocat de M. Bain, Alan Guttman, espère que le juge penchera vers le minimum. Il a l'intention de se baser sur la jurisprudence établie par l'affaire du caporal Denis Lortie.

Le 8 mai 1984, ce militaire a fait irruption dans le Salon bleu de l'hôtel du Parlement, armé jusqu'aux dents, dans l'intention de tirer sur les députés. Il a tué trois personnes et en a blessé 13 autres. Lors de son deuxième procès, le caporal Lortie a plaidé coupable à des accusations de meurtre non prémédité et a été condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 10 ans.

Alan Guttman souligne les ressemblances entre les deux dossiers : des hommes avec des problèmes de santé mentale qui sont mécontents du gouvernement. À l'époque, le jury avait aussi rejeté la défense de non-responsabilité criminelle du caporal Lortie.

Me Guttman espère la clémence du juge en raison de l'absence d'antécédents criminels de son client et de son âge avancé.

Les victimes veulent des réponses

Un ami de Denis Blanchette, Gaël Ghiringhelli, également présent au Métropolis le soir de l'attaque, va lire une lettre à la cour pour parler des conséquences du drame. Il espère que Richard Henry Bain va écoper de la peine la plus sévère.

Gaël Ghiringhelli fonde beaucoup d'espoir dans la poursuite qu'il a intentée avec trois autres techniciens contre la Ville de Montréal et le gouvernement du Québec. Il estime que les policiers ont failli à leur tâche le soir du meurtre en n'étant pas présents à l'arrière du Métropolis lorsque Richard Henry Bain y a fait irruption.

L'avocate chargée du dossier, Me Virgine Dufresne Lemire, affirme que les quatre plaignants ont subi des blessures psychologiques importantes. « Comment un homme armé et cagoulé a pu s'approcher aussi facilement de la salle? [...] et pourquoi les victimes n'ont-elles pas été indemnisées? », a-t-elle demandé.

Pour l'instant, selon Me Dufresne Lemire, la somme de 60 000 $ est demandée pour chaque plaignant pour dommages moraux. Les dommages punitifs prévus dans la requête sont pour leur part de 25 000 $ par demandeur.

Dans les minutes suivant le verdict, le procureur de la Couronne, Dennis Galiatsatos, avait quant à lui affirmé qu'il souhaitait une sentence qui « reflète le fait que le 4 septembre 2012, Richard Henry Bain s'est attaqué à des techniciens de scène, à des citoyens », mais aussi « à la démocratie ».

Mais pour Gaël Ghiringhelli le plus important est d'« avoir des réponses sur les failles du protocole de sécurité ».

Et l'appel?

Richard Henry Bain et son avocat n'ont toujours pas décidé s'ils porteront le verdict de culpabilité en appel. Tout dépendra de la sentence rendue par le juge.

Guy Cournoyer pourrait rendre sa décision sur le banc, dès aujourd'hui. Il est toutefois probable qu'il décide de réfléchir aux arguments des deux parties et reporte la sentence à une date ultérieure.

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