Le Canadien de Montréal (22-26-7) s'est fait servir sa propre médecine des dernières années par les Predators de Nashville (33-12-9) : un match à bas pointage contrôlé par un gardien qui fait pencher la balance en faveur de sa troupe.

Un texte de Félix St-Aubin

Pekka Rinne a été sublime et étincelant pour protéger son fort. Il s'est dressé 47 fois devant les attaques du Tricolore, dont 10 fois pendant une prolongation dominée par les locaux. Il a également repoussé dans l'ordre les frappes de Paul Byron, de Jonathan Drouin et de Max Pacioretty en tirs de barrage.

Le CH aurait surpris les finalistes de la Coupe Stanley et présents meneurs de la Division centrale n'eût été les prouesses de Rinne.

« Il est l'un des cinq meilleurs dans la ligue, il y a une raison, a dit Drouin. Il est grand, il a une longue portée. On a bien joué, on a patiné, on a créé des occasions, mais on n'a pas mis la rondelle dans le filet. »

Les réflecteurs du Centre Bell ont tantôt réfléchi sur le portier finlandais, tantôt sur P.K. Subban. Mais pour des raisons différentes.

Pas de vidéo cette fois-ci pour tirer quelques larmes à Subban. L'attachement des supporteurs pour le no 76, lui, est toujours bien présent, voire plus que lors de son retour attendu à Montréal il y a près d'un an.

Les amateurs de hockey massés dans les gradins avaient déjà acclamé Subban à quatre reprises avant même que les hymnes nationaux soient entonnés.

Le favori du public s'est prêté au jeu, étant le premier à mettre le patin sur la surface de jeu durant la période d'échauffement et le dernier à la quitter, au plus grand plaisir de ses fidèles. Les applaudissements et les cris se sont succédé chaque fois que Subban a pris possession de la rondelle.

Il a eu maille à partir avec Tomas Plekanec et Brendan Gallagher, coup sur coup après le même arrêt de jeu au premier vingt. La foule a répondu à ces très brèves escarmouches en scandant « P.K., P.K., P.K! »

La réponse de Gallagher

Comme cela avait été le cas plus tôt dans la campagne, en novembre à Nashville, Gallagher et Subban se sont parlé dans le blanc des yeux à maintes occasions.

Grands compétiteurs de nature et réputés pour leur ardeur au travail, les deux anciens coéquipiers n'entendaient pas du tout à laisser le champ libre à leur rival.

« Je ne sais pas pourquoi l'on parle de lui, c'est tout ce qu'il veut, a-t-il poursuivi, un brin irrité. Vous pouvez le laisser parler de lui-même toute la soirée, il va vous en donner assez. Je ne vais pas vous aider. »

Subban a tenté tant bien que mal de se dresser entre Gallagher et la cage de Rinne durant le deuxième acte. Le travailleur acharné a saisi son propre retour de tir après que l'arrière eut bloqué sa première tentative, s'est amené fin seul devant le gardien finlandais et a enregistré son 20e but de la campagne.

Une manière bien appropriée pour s'attirer la ferveur des supporteurs de Subban et du Canadien. D'ailleurs, après cette réussite de Gallagher, quelques huées ont commencé à s'immiscer dans le torrent d'acclamations destiné au no 76. Elle a aussi coïncidé avec une meilleure tenue du Bleu-blanc-rouge.

L'ailier droit, plus expressif qu'à l'habitude, était posté à l'embouchure du filet lorsque Drouin a forcé la tenue de la prolongation.

Gallagher a fait fi d'une coupure à l'arcade sourcilière droite qui l'a forcé à rentrer au vestiaire et a continué d'afficher un niveau de jeu élevé, sa marque de commerce, louangée par Claude Julien à l'issue de la confrontation. Il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour éloigner Subban des réflecteurs.

Le défenseur a voulu minimiser les tensions occasionnées par les quelques altercations entre les deux hommes.

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