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Saint-Bruno-de-Montarville veut devenir l’amie des jeunes

« Amie » des enfants et des aînés, la Ville de Saint-Bruno-de-Montarville veut maintenant conquérir le cœur des jeunes de 16 à 25 ans.

Un texte de Marie-Eve Cousineau, journaliste à l’émission Le 15-18

Un cours de yoga urbain devant une station d’essence désaffectée, en plein centre-ville de Saint-Bruno-de-Montarville : la scène est inédite dans cette municipalité de la Montérégie. Mais elle se répétera cet été. La Ville vient d’aménager, sur le site abandonné, un parc éphémère destiné aux jeunes de 16 à 25 ans – mais pas uniquement.

Grandes chaises de couleur en bois, tables à pique-nique, comptoir à popcorn et smoothies gratuits… « Le parc éphémère, c’est vraiment un endroit pour venir chiller, en bon français », dit Julie Bédard, présidente de la Tribune jeunesse, un comité consultatif formé de jeunes, mis en place par la Ville en 2014.

Le nouveau lieu est une façon d’attirer les jeunes au centre-ville, mais aussi de les sonder sur leurs préoccupations. La Ville de Saint-Bruno-de-Montarville veut se doter d’une politique jeunesse cet automne.

« Nous avons mené une consultation en ligne qui s’est très bien déroulée, dit le conseiller municipal Vincent Fortier. Environ 400 jeunes y ont participé. En mai, nous voulions aussi faire une rencontre, une consultation très classique dans une salle à Saint-Bruno. Ça été un échec. Il y a eu quatre inscriptions. »

Pour rejoindre les jeunes, la Ville et la Tribune jeunesse ont décidé de lancer le projet 16-25 – financé grâce à une subvention de 40 000 $ du Secrétariat à la jeunesse du Québec. En plus de créer un parc éphémère pour l’été, elles ont organisé un festival jeunesse qui se tient jusqu’à samedi à la Place du Village, au centre-ville. L’humoriste Rosalie Vaillancourt y a pris part mardi. Un animateur questionne aussi les jeunes sur leurs souhaits et leurs besoins.

« Lors de la première soirée mardi, environ 300 jeunes étaient présents, dit, avec enthousiasme, Vincent Fortier. Une vingtaine de propositions ont été recueillies. » Parmi celles-ci, l’amélioration du transport en commun et la création d’un café pour les jeunes à l’intérieur du futur centre sportif.

De plus en plus d’ados à Saint-Bruno

À Saint-Bruno-de-Montarville, les jeunes manquent de lieux de rencontre, souligne Julie Bédard. « Le Skate Park est très fréquenté, dit-elle. Le parc de BMX aussi. Il y a aussi beaucoup de parcs sur le territoire. Sauf que ce n’est pas nécessairement les endroits où les jeunes de 16-25 ans vont aller se tenir. » Bien des adolescents doivent se rabattre sur le McDonald’s ou la crémerie locale, disent les jeunes interviewés.

Le maire Martin Murray reconnaît que les jeunes sont en quelque sorte « laissés-pour-compte » dans la municipalité, qui est accréditée « amie des enfants » par Unicef-Canada et le Carrefour action municipale et famille, et « amie des aînés » par le ministère de la Famille du Québec. « L’an passé, Saint-Bruno a été choisie comme la première ville au Canada pour élever des enfants [par le magazine MoneySense], dit-il. Mais quand on parle des enfants, on parle des moins de 10 ans. Au niveau de l’adolescence, c’est un peu plus poussif au niveau des activités. On est en train d’essayer de voir ce qu’on peut faire pour améliorer le portefeuille des loisirs. »

Les jeunes de 12 à 25 ans forment près de 20 % de la population montarvilloise (contre 22 % pour les 65 ans et plus). Dans l’agglomération de Longueuil, Saint-Bruno est la municipalité où le nombre d’adolescents augmente le plus, selon la Ville.

Il y a deux ans, Saint-Bruno a mis en place le Taxi-Ados, un service destiné aux 12-17 ans qui existait déjà à Sainte-Julie, une municipalité voisine. Une course en taxi, sur le territoire de la ville, coûte 7 $. Actuellement, 70 jeunes sont inscrits à Taxi-Ados.

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