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Saint-Donat souhaite devenir le 1er « parc naturel habité » au Canada

La municipalité de Saint-Donat, dans la région de Lanaudière, a déposé une demande auprès du gouvernement fédéral pour être désignée « parc naturel habité ». L'idée n'est pas tant d'être reconnue au même titre qu'un parc national ou une réserve faunique, mais de créer une « nouvelle image de marque unique au Québec » que les entreprises de la région pourraient utiliser sur leurs produits ou dans leur publicité

Pour être reconnu comme premier « parc naturel habité » au Canada, le conseil municipal de Saint-Donat a adopté en septembre 2015 une charte dans laquelle la municipalité s'engage notamment à demeurer un milieu où le « patrimoine naturel [est] protégé ». Elle s'est aussi doté d'un plan d'action comprenant 92 actions à accomplir d'ici 5 ans.

Ce que le maire Joé Deslauriers souhaite, c'est poursuivre le développement de sa ville, mais de le faire en harmonie avec l'environnement.

Bien qu'il s'agisse d'une initiative de la Ville de Saint-Donat, le projet reçoit l'appui de l'Union des municipalités (UMQ), de Québec et d'Ottawa

« Il a des critères qui sont purement territoriaux, explique la présidente de l'UMQ, Suzanne Roy. Comme on parle de parc, il faut avoir une aire naturelle extrêmement importante, mais en même temps, il faut qu'il y ait de l'activité humaine permanante, parce qu'on parle d'un parc habité. Donc il faut réussir à concilier tout le côté environnemental, ainsi que celui du développement économique, et ce, en respect même des gens qui sont déjà en place. »

Mme Roy pense que d'autres villes et villages du Québec pourraient être inspirées par la démarche.

« Je suis convaincu que ça va donner le goût à d'autres de faire le même genre d'exercice, juge-t-elle. Est-ce qu'ils répondront aux critères de ce "parc naturel habité" ou non? C'est selon chaque municipalité. Mais ce qui est sûr, c'est qu'au-delà de cette image de marque, ce que s'est dotée aujourd'hui Saint-Donat, c'est d'une vision de développement économique et de futur pour l'ensemble de sa municipalité. »

Une opération d'écoblanchiment?

Certains demeurent toutefois sceptiques devant le projet de « parc naturel habité ». L'organisme Nature Québec, par exemple, s'interroge sur l'utilisation d'une telle expression, proche des appellations « parc national » ou « parc régional », qui désignent déjà des aires protégées.

« Si on mise essentiellement sur le développement récréotouristique, il faut faire attention à ne pas dédoubler toutes les appelations, parce qu'à un moment donné, les gens ne s'y retrouveront plus. Rien ne se démarquera non plus », prévient la chargée de projet Sophie Gallais.

« C'est important aussi d'y associer des critères solides, qui permettent d'assurer qu'on protège bien ce territoire-là et ce patrimoine naturel-là », ajoute-t-elle.

La balle est maintenant dans le camp d'Ottawa. Présent lors de l'annonce, le député libéral de Vaudreuil-Soulanges Peter Schiefke n'a pas souhaité répondre à nos questions, à savoir s'il y avait des chances qu'on voit apparaître sous peu une nouvelle certification de « parc naturel habité ».

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