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Sans des investissements majeurs, l'abbaye d'Oka risque la démolition

La toiture de certains bâtiments de l'abbaye d'Oka prend l'eau. Des travaux de 1 à 3 millions de dollars sont nécessaires, une somme dont la Corporation de l'abbaye d'Oka ne dispose pas.

Un texte de Francis Labbé

Le maire d'Oka lance un appel à l'aide aux gouvernements du Québec et du Canada. « Je suis moi-même entrepreneur en construction. Je sais de quoi je parle quand il est question des dommages causés par l'eau », lance Pascal Quevillon. « Malgré les réparations, ça continue à se dégrader. »

« On voit beaucoup de trous qu'il nous a fallu réparer. Si on laisse les choses aller encore quelques années, ce seront les moisissures et les champignons. Il sera trop tard », ajoute le maire Quevillon.

C'est la Corporation de l'abbaye d'Oka qui est propriétaire des lieux depuis 2007, soit depuis le départ des pères trappistes pour Saint-Jean-de-Matha, dans Lanaudière. « Avant de vendre le bâtiment, ils ont fait des travaux, mais ils n'ont pas nécessairement investi massivement dans la rénovation », explique M. Quevillon, qui est aussi président de la Corporation.

C'est la raison pour laquelle Pascal Quevillon a écrit directement au premier ministre du Canada, ainsi qu'au gouvernement du Québec, en février dernier. « C'est un cri du coeur, nous avons besoin d'un coup de main. »

Au moment d'écrire ce reportage, Ottawa n'avait donné aucun signe de vie. À Québec, le cabinet de la ministre responsable des Laurentides, Christine Saint-Pierre, a contacté le maire d'Oka pour évoquer un scénario.

« Il y a un programme auquel nous pourrions faire application, explique Pascal Quevillon. Ça implique que la municipalité reconnaisse le bâtiment comme patrimonial, à la suite de quoi nous serions éligibles. Mais je n'ai encore aucune idée du montant que ça pourrait représenter. »

Le bâtiment ne peut plus être reconnu parmi le patrimoine religieux du Québec, puisque les pères cisterciens ont quitté les lieux depuis longtemps. La Communauté métropolitaine de Montréal a reconnu sa valeur patrimoniale, mais il ne fait pas partie des bâtiments reconnus par Québec.

Difficile financièrement

L'an dernier, l'abbaye a accueilli une cinquantaine d'événements, dont 25 mariages. « Cette année, on augmente ce nombre de 33 % », explique Pierre Leblanc, chef traiteur et nouveau restaurateur sur place. « On le voit, depuis deux ans, le potentiel énorme de cet endroit. »

Pendant l'été 2016, près d'une centaine de personnes y travaillaient. « Nous avons accueilli des centaines de cyclistes », ajoute M. Leblanc.

Malgré tout, le complexe n'a pas encore atteint le seuil de rentabilité.

« La Corporation n'a pas de marge de crédit, ni de fonds de roulement », précise le maire Quevillon. « Nous sommes en arrérages de paiement de taxes auprès de la municipalité d'Oka et de la Commission scolaire. »

« Nous avons pensé vendre des terres agricoles, mais les créanciers devraient être payés et je ne suis pas du tout certain qu'il nous resterait suffisamment d'argent pour faire les travaux. Nous espérons de l'aide des gouvernements supérieurs. Nous sommes convaincus du potentiel économique de l'abbaye », conclut le maire.

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