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Sans le capitaine, point de salut pour le Canadien

Ça ne paraît pas toujours au premier regard. Max Pacioretty n'a pas débordé de défenseurs à toute vapeur. Il n'a pas préparé de buts grâce à une vision du jeu extraterrestre, il n'a peut-être même pas été l'attaquant le plus visible de la soirée. Mais les chiffres ne mentent pas : sans la contribution du capitaine, point de salut pour le Canadien.

Un texte d’Alexandre Gascon

Depuis quand le CH a-t-il commencé à redresser la barre de son début de saison désastreux?

Les joueurs ont souvent identifié cette défaite de 6-3 au dernier match du triste périple californien, à Anaheim, où ils ont obtenu 30 tirs en une période, un record d’équipe. À lui seul, Pacioretty avait lancé dix fois. Andrew Shaw avait servi de catalyseur également en jetant les gants.

Bref, une pléthore de petits moments qui ont inspiré confiance au club. Cette renaissance, une fiche de 7-3-0 depuis le voyage sur la côte Ouest, coïncide aussi par la réunification du tandem Phillip Danault et Pacioretty.

Réunis à temps plein dans un match pour la première fois contre la Floride, les deux comparses ont retrouvé instantanément cette chimie dont on a fait grand cas l’an dernier.

Pacioretty a obtenu 11 points (6 buts et 5 passes) au cours de cette séquence de dix matchs où Danault n’a certainement pas démérité avec ses 9 points.

S’attribue-t-il une part du mérite des prouesses de son capitaine?

« Non, non, non, non. Bien essayé », a laissé tomber Danault le sourire aux lèvres.

En temps supplémentaire contre les Sabres, quand Danault a bondi sur Nathan Beaulieu qui venait de briser son bâton, le capitaine a immédiatement flairé l’occasion. Il s’est détaché de son couvreur prêt à filer seul devant le gardien en espérant que son joueur de centre trouve la façon de le rejoindre.

« Ce n’est pas comme si le bâton était brisé et qu’on avait juste à pousser la rondelle dans un filet désert. Il fallait travailler fort et c’est ce que Phil a fait. Il s’est battu contre deux gars et il a trouvé le moyen de soulever sa passe pour m’envoyer en échappée », a raconté Pacioretty, qui a alors battu Chad Johnson d’une feinte du revers pour achever les Sabres 2-1.

C’était son deuxième but de suite en prolongation après celui contre les Jets de Winnipeg samedi dernier, le 10e de sa carrière. Cette marque fait de lui l'Américain le plus prolifique de l'histoire en temps supplémentaire en saison, supplantant des légendes comme Mike Modano et Brett Hull.

Quand le capitaine obtient un point cette saison, le Canadien montre une fiche de 8-1-0. À l’inverse, il n’a pas remporté un seul match lorsque Pacioretty est blanchi (0-8-1).

« Ça fait quelques fois qu’il nous marque de gros buts, ses performances sont importantes, surtout en étant un leader de l’équipe », a estimé Claude Julien. Voilà un euphémisme.

Lindgren encore encensé

Si le no 67 a eu la chance de terminer ce match en prolongation, c’est grâce à Charlie Lindgren.

Les Sabres, qui avaient pourtant joué vendredi soir, ont complètement dominé les deux premiers engagements de cette rencontre qui ne passera pas à l’histoire, pour utiliser un autre euphémisme.

Lindgren a encore une fois impressionné ses coéquipiers et son entraîneur par son calme, sa combativité, son excellence et ses 34 arrêts. Juste avant que Pacioretty ne tranche le débat, il venait d’empêcher Jack Eichel de pousser la rondelle dans un filet abandonné après avoir déjoué tout le monde.

« Il est incroyable, on se répète, mais il fait de gros arrêts, il se bat, il travaille tellement fort. Il mérite tout le crédit qu’il reçoit en ce moment », a fait valoir le capitaine.

« Quand tu reviens après la première période, tu te dis que c’est seulement 1 à 0 parce que ton gardien joue admirablement, tu veux juste y retourner et mieux jouer pour lui », a-t-il enchaîné.

Plus que les joueurs et les autres partisans dans les estrades, le père de Charlie Lindgren a semblé l’homme le plus heureux de l’amphithéâtre après le but vainqueur marqué par Pacioretty.

Bob Lindgren, originaire du Minnesota, mais amateur du CH et de Ken Dryden de la première heure, a accueilli son fils à l'hôtel après sa défaite contre le Wild jeudi.

« Il m’a dit à quel point il était fier de moi. Ça signifie énormément pour lui. Il se pince, il n’arrive pas à y croire que je joue pour son équipe préférée maintenant », a expliqué le jeune homme de 23 ans.

« Il est un peu plus démonstratif que moi, j’ai vu sa réaction quand il a sauté quand Patch a compté. De voir l’émotion sur son visage, et ma mère aussi. Ils sont mes plus grands partisans. »

Lindgren a maintenant remporté six de ses sept départs dans la LNH et avec la commotion cérébrale confirmée à Al Montoya, il pourrait avoir encore beaucoup de boulot devant lui.

Cette séquence cruciale de 14 matchs à domicile sur 17, le Canadien l’a entamée du bon pied cette semaine avec deux victoires en trois matchs.

Les Blue Jackets, les Coyotes et les Maple Leafs débarqueront en ville la semaine prochaine.

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