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Se balader sous l'autoroute 40 : le rêve fou de jeunes ingénieurs

Un groupe d'ingénieurs de Montréal travaille en coulisse à embellir le dessous de l'autoroute 40. Déjà, des bénévoles de 14 à 16 ans ont commencé à verdir une section de ce monstre de béton. Dans les prochaines semaines, des bancs, des supports à vélo et des murales s'ajouteront.

Un texte de Marie-Ève Maheu

« Laide », « polluante », « sale », « à éviter » : les voisins de la 40 ne portent pas l'autoroute dans leur coeur.

Et c'est justement ce que veulent changer de jeunes ingénieurs avec leur projet baptisé Parallèle 40. « Ce qu'on veut, c'est que ça devienne une espèce de long couloir, un parc urbain où les gens viennent circuler », explique une des instigatrices du projet, Véronique Barry, qui est aussi présidente du Forum des jeunes professionnels de l'Association des firmes de génie-conseil du Québec.

Une initiative de longue haleine donc, qui commence cette année à l'intersection de la rue Henri-Julien et de la métropolitaine entre les quartiers Ahuntsic et Villeray, mais qui devrait se poursuivre dans le temps. 

Le projet a émergé dans le cadre du mouvement Je vois Montréal, une invitation aux citoyens à repenser leur ville pour son 375e anniversaire. 

Un projet communautaire

Des adolescents ont déjà mis la main à la pâte pour reverdir le dessous du viaduc.

Une dizaine de jeunes de C-Vert ont verdi les abords de la métropolitaine entre les rues Drolet et Henri-Julien. Photo : Parallèle 40

« On a enlevé tout le sable, tous les déchets. On a planté des fleurs qui vont survivre à l'hiver, à la poussière, et qui n'ont pas besoin de beaucoup de soleil », explique Élizabeth, 14 ans, membre du groupe C-Vert pour l'engagement environnemental dans le quartier.

Prochaine étape : la fabrication et l'installation de bancs de parcs et de supports à vélo en bois recyclé.

Une dizaine d'autres adolescents du quartier participeront à la décoration de 18 colonnes de béton. 

« On va procéder par pochoirs, explique Véronique Barry. Les jeunes vont découper des motifs de feuille d'arbres et peinture là, et par-dessus il y va y avoir des motifs » typiques de la ville, comme des ruelles et ses cordes à lingue, le Mont-Royal, le stade olympique, l'enseigne « Farine Five Roses », etc.

Maquette non finale. Photo : Parallèle 40

Le muraliste Olivier Allard va appuyer les jeunes qui manieront le pinceau.

Véronique Barry espère que les voisins de la 40 se réapproprieront tranquillement les lieux. « De dire "ah oui, j'habite à côté de la High Line Park de Montréal", c'est cool ça! », en référence au vieux chemin de fer surélevé transformé en parc linéaire à New York.

Maquette non finale. Photo : Parallèle 40

Jean Comtois, qui vit à quelques rues de l'autoroute, n'est pas convaincu qu'il passerait du temps sous la 40. « Le bruit va être encore là et la poussière que les autos dégagent va rester. Mais au moins ce serait plus beau quand on y passe », dit-il.

Roger Laberge affirme qu'il viendrait y lire sans problème, à l'abri des intempéries. Marielle Saint-Jean, de son côté, songe à y amener ses petits-enfants, puisqu'il y aura notamment une marelle dessinée sur le sol.

Plus à l'est, en face de la TOHU, le viaduc de la 40 a déjà commencé à se faire une beauté à l'automne dernier. MU a réalisé une murale sur les colonnes à l'occasion des 10 ans de la Cité des arts du cirque.

Véronique Barry souhaite qu'il y en ait de plus en plus.

La 40 en face de la TOHU. Photo : Radio-Canada/Marie-Eve Maheu

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