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Se débarrasser des salons de massage érotique, c'est possible

Les salons de massage offrant des services sexuels pullulent à Montréal, mais l'arrondissement de Saint-Laurent se vante d'avoir réussi à les avoir tous fait fermer, grâce à l'intervention de la police, à l'action du maire, Alan DeSousa, et à un certain zèle de fonctionnaires municipaux.

Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) estime qu'il y a plus de 200 salons de massages à Montréal offrant des services à caractère érotique. Le chiffre date de 2014. Difficile de dire s'il a augmenté depuis, car il n'existe aucun registre officiel dans la métropole, mais rien n'indique qu'il ait baissé, selon les responsables auxquels nous avons parlé.

À partir de 2011, le maire de l'arrondissement de Saint-Laurent, Alan DeSousa, a commencé à remarquer de plus en plus d'établissements de ce type sur son territoire. Des recherches ont été effectuées dans les registres municipaux et sur le terrain pour cibler des lieux qui semblaient offrir des services à caractère érotique. Résultat : une vingtaine de salons de massage érotiques se trouvaient à Saint-Laurent en 2011, selon l'estimation de M. DeSousa.

Nous avons réalisé qu'il y avait possiblement des activités de massothérapie qui étaient réalisées sur notre territoire qui n'étaient pas en conformité avec notre règlement.

Alan DeSousa, maire de l'arrondissement de Saint-Laurent

Les inspecteurs de l'arrondissement ont alors effectué des visites dans les salons en compagnie de policiers du SPVM. « On a travaillé étroitement avec le poste de police, on a visité les lieux, [on a informé les propriétaires de] la nature du règlement et des activités qui étaient permises », explique M. DeSousa.

Avec l'aide de la police, le maire a réussi à éliminer la vingtaine de salons de massage soupçonnés d'offrir des services sexuels dans son arrondissement.

Après consultation avec le service du contentieux de la Ville de Montréal, des permis d'occupation ont été retirés.

En 2012, la police a aussi effectué des arrestations dans un salon de massage qui a fermé ses portes par la suite.

Plus aucun salon de massage érotique

Discrètement, l'arrondissement en a profité pour adopter un règlement plus strict pour encadrer les établissements offrant de la massothérapie. Ceux qui veulent offrir ces services dans l'arrondissement de Saint-Laurent doivent être membres d'une association reconnue. « Nous n'avons jamais eu de contestation en cour », se réjouit le maire.

Aujourd'hui, l'arrondissement ne compte aucun salon de massage qui offre des services à caractère sexuel, se vante M. DeSousa. Des vérifications des annonces de massothérapie sur le site Craigslist, sur lequel les salons de massages érotiques s'affichent très souvent, montrent la même chose. En juin et en septembre, Radio-Canada n'a trouvé aucune annonce géolocalisée de salons semblant offrir des services érotiques à Saint-Laurent.

L'arrondissement fait désormais preuve d'une grande vigilance pour accorder des permis d'occupation commerciaux, ajoute le maire.

Une source d'inspiration pour les autres arrondissements?

L'arrondissement de Saint-Laurent a été rapide à réagir, dit le maire DeSousa.

Mais certains arrondissements accordent des permis pour soins personnels sans faire assez de vérifications, selon Anie Samson, la responsable de la sécurité publique au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Pour avoir un commerce à Montréal, il faut un permis d'occupation du territoire, que l'on obtient auprès de son arrondissement. Généralement, les salons érotiques possèdent un permis pour soins personnels, identique à celui qu'obtiennent les coiffeurs ou les salons de manucure.

Lorsqu'un commerçant obtient un permis pour soins personnels, en cachant son intention d'exploiter un salon de massage érotique, il devient très difficile pour les arrondissements et la ville-centre de le déloger. Et même s'il est délogé, il peut essayer de s'installer dans un autre arrondissement.

« On s'est rendu compte que si un arrondissement fait une réglementation [...] ça a un effet domino dans les autres arrondissements, à côté, qui n'ont pas la même réglementation », dit Mme Samson.

Mme Samson indique que les arrondissements sont désormais bien plus vigilants dans l'octroi des permis.

Que fait la police?

Le SPVM indique que l'exemple de l'arrondissement de Saint-Laurent est particulier. Chaque arrondissement a ses propres réalités et son propre règlement, souligne Johanne Paquin, inspectrice-chef responsable du dossier de l'exploitation sexuelle. Les différents règlements dans les 19 arrondissements peuvent être un problème pour la police.

Peut-être que ça crée un manque de cohésion au niveau de l'application de la réglementation.

Johanne Paquin, inspectrice-chef au SPVM

Le SPVM a des priorités dans le dossier des salons de massage à caractère érotique. « On va intervenir quand on sait qu'il y a des mineurs à l'intérieur, quand on sait qu'il y a le crime organisé qui est impliqué, quand il y a de l'exploitation ou de la coercition [...] quand il y a des plaintes ou quand c'est près des zones scolaires ou résidentielles », précise Mme Paquin.

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