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Second procès Turcotte : le tiers des jurés potentiels veut être exempté

Les jurés potentiels ne se bousculent pas aux portes pour participer au second procès de Guy Turcotte, qui s'est ouvert lundi au palais de justice de Saint-Jérôme : 100 des 300 candidats entendus en cette première journée d'audiences ont demandé une exemption.

L'ex-cardiologue a été accusé d'avoir tué ses enfants, Anne-Sophie, 3 ans, et Olivier, 5 ans, en février 2009. Il a été déclaré non criminellement responsable en juillet 2011.

La première phase de ce nouveau procès consiste à former un jury de 12 personnes. Quelque 1650 candidats ont été convoqués à cette fin. Mais avant de procéder, le juge André Vincent doit d'abord entendre les candidats qui souhaitent être exemptés, une étape qui devrait prendre toute la semaine.

Jusqu'à maintenant, la plupart des jurés potentiels qui ont demandé une exemption l'ont obtenue. Les autres seront de retour en cour la semaine prochaine pour la sélection des jurés.

« Le juge peut déterminer, pour des motifs d'intérêt public, qu'une personne puisse être exemptée - le juge a un pouvoir discrétionnaire en cette matière - afin d'en arriver à un jury de 12 personnes qui soient impartial, indépendant, qui va mettre de côté tous les préjugés ou les opinions déjà préconçues et de ne juger qu'en fonction de la preuve qui sera présentée devant lui », a expliqué lundi Jean-Pascal Boucher, porte-parole du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).

Les pompiers, les policiers, les avocats et les juges sont exemptés d'office, par exemple.

Guy Turcotte a assisté à l'audition des premières demandes d'exemption. Il était accompagné de ses parents. L'accusé est demeuré imperturbable, mais il baissait la tête lorsque des candidats jurés pleuraient ou livraient des commentaires peu élogieux à son sujet.

Un premier procès au verdict contesté

Lors du premier procès tenu en 2011, le jury avait déclaré Guy Turcotte non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux.

Toutefois, en novembre dernier, la Cour d'appel du Québec a annulé le verdict, estimant que le magistrat avait commis des erreurs dans ses directives au jury. Il avait aussi ordonné la tenue d'un nouveau procès.

L'ex-cardiologue a voulu entre-temps porter sa cause en Cour suprême, mais le plus haut tribunal du pays a annoncé en mars 2014 son refus d'entendre l'affaire.

Pour ce second procès, qui devrait durer deux ou trois mois, la Couronne a déjà fait savoir qu'elle comptait faire entendre une trentaine de témoins, dont l'ex-femme de l'accusé, Isabelle Gaston.

Les médias doivent cependant respecter des ordonnances de non-publication quant aux éléments de preuve présentés pendant le premier procès. À partir de maintenant, les journalistes doivent donc s'en tenir à ce qui se dit devant le tribunal.

Avec les informations de Karine Bastien

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