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Sens uniques et voies réservées, des artères de Montréal pourraient être repensées

Le parti Projet Montréal affirme que l'administration du maire Denis Coderre prépare, en catimini, un projet de « transformation majeure des artères » de la métropole.

Papineau, Saint-Denis, Sherbrooke, Saint-Laurent, Saint-Urbain, Lachapelle, Rosemont, Henri-Bourassa : plusieurs artères de la ville pourraient être dotées de voies réservées aux autobus et accessibles aux vélos, a affirmé lundi le chef de l'opposition officielle, Luc Ferrandez, devant le conseil municipal.

Il dit avoir pris connaissance du projet élaboré par la Société de transport de Montréal (STM) le mois dernier, grâce à « des informations privilégiées ». L'échéancier serait prévu en 2017.

Qui plus est, certaines de ces rues seraient en partie transformées en sens uniques, a-t-il ajouté. Ce serait le cas des avenues Papineau et de Lorimier, qui seraient à sens unique sur plusieurs kilomètres supplémentaires.

Actuellement, l'avenue Papineau est déjà à sens unique vers le sud, de la rue Rachel jusqu'à l'entrée du pont Jacques-Cartier. C'est l'inverse pour De Lorimier. Elles le seraient dorénavant à partir du boulevard Crémazie.

« C'est une véritable autoroute qu'on crée en milieu urbain », a dénoncé M. Ferrandez par la suite devant les journalistes.

« Il y a un nouveau roi du sens unique à Montréal. Je suis content de passer le flambeau », a ironisé le maire du Plateau-Mont-Royal, qui a vivement été critiqué lorsqu'il a transformé en sens uniques certaines portions de rues situées dans son arrondissement, il y a quelques années. Mais « le nouveau roi est sur les stéroïdes », a-t-il poursuivi.

Par ailleurs, la piste cyclable sur la rue Saint-Urbain serait retirée, selon M. Ferrandez. Une voie serait dorénavant réservée aux autobus, et les cyclistes auraient le droit d'y circuler.

Le maire Denis Coderre n'a pas nié l'existence du projet, déclarant néanmoins qu'il n'y avait rien d'annoncé et que plusieurs possibilités étaient à l'étude.

« Oui, je regarde tout ça, mais je veux qu'on le fasse d'une bonne façon, de façon inclusive et intégrée. Il ne faut pas que ça devienne un irritant comme on a vu dans le Plateau », a-t-il dit en point de presse.

Une vaste consultation publique

Projet Montréal dénonce surtout le secret qui entoure ce projet. « On ne dit pas qu'on est contre, a souligné M. Ferrandez. On dit qu'on veut participer avec vous à la discussion », a-t-il affirmé au conseil municipal.

Les arrondissements, la Direction de la santé publique, Vélo Québec et les autres acteurs de la société civile doivent être consultés, a-t-il soutenu.

Un projet d'une telle ampleur pose plusieurs questions, a-t-il fait valoir, donnant en exemple les conséquences sur la circulation et sur les rues résidentielles, la cohabitation vélos-autobus et la sécurisation des traverses d'écoliers.

Le chef de Projet Montréal s'inquiète aussi des répercussions qu'auraient les « quasi-autoroutes » sur la santé des résidents et sur leur espérance de vie.

M. Ferrandez dit avoir décidé de sonner l'alarme parce que la rencontre qu'il a sollicitée à ce sujet avec la STM a été annulée à la dernière minute pour des « raisons politiques ».

Le maire Coderre a démenti les propos du chef de Projet Montréal, estimant qu'il s'agissait de « fabulations ».

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