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Serge Fiori poursuit sa maison de production pour 245 000 $

L'ancien leader du légendaire groupe Harmonium, l'auteur-compositeur-interprète Serge Fiori, accuse la maison de production Gestion Son Image Inc. (GSI) de ne pas avoir respecté le contrat concernant son plus récent album et de l'avoir privé de visibilité. Il intente une poursuite devant la Cour supérieure afin de résilier leur entente et obtenir plus de 245 000 $.

Un texte de Geneviève Garon

Le grand retour de Serge Fiori avec un album éponyme couronné de succès en 2014 cache une profonde dispute avec sa maison de production et l’actuel dirigeant, Nicolas Lemieux.

L’artiste reproche à GSI d’avoir pris des décisions sans le consulter et d’avoir bafoué les termes de son contrat d’enregistrement à un point tel « que leur relation d’affaires est devenue intenable ».

Dépassement de budgets

Dans le contrat d’enregistrement signé le 15 mars 2012 entre Serge Fiori et GSI, les coûts de production de l’album sont évalués à 75 000 $, peut-on lire dans le document de cour.

Or, selon M. Fiori, le budget a été augmenté à près de 400 000 $ sans qu’il en soit avisé. Pourtant, en tant que coproducteur, il doit assumer la moitié de ces frais.

Pour ce qui est de la facture des coûts de promotion, censée ne pas dépasser 75 000 $, elle aurait plus que triplé à son insu, dépassant les 230 000 $.

Ces dépassements de coût sont inacceptables pour M. Fiori qui estime que GSI a « contrevenu à ses obligations contractuelles », selon la poursuite.

Privé d’un Félix?

Même si l’album dont il est question « a connu un succès phénoménal » et occupe la deuxième place comme « meilleur vendeur du Québec, toutes catégories confondues, pour l’année 2014 », Serge Fiori estime que sa maison de production l’a privé d’une grande visibilité.

Il soutient que l’entente d’exclusivité signée par GSI avec Rouge FM lui a nui « et [a] potentiellement privé le demandeur d’un Félix, soit la reconnaissance dans l’univers musical québécois, comme le sont les Oscars dans le monde de la cinématographie américaine », mentionne le document judiciaire.

Le chanteur reproche aussi à sa maison de production d’avoir changé d’adresse sans l’aviser, mal géré la page Facebook de l’album certifié platine et changé de distributeurs sans le consulter.

GSI veut faire un second album

Malgré les mises en demeure envoyées par Serge Fiori en 2015 et en 2016 pour résilier le contrat d’enregistrement, GSI aurait manifesté son intérêt pour produire un autre album de l’artiste.

Le contrat initial stipulait que l’entreprise bénéficie d’une option de production pour un deuxième album. Mais Serge Fiori considère qu’il y a « bris du lien de confiance » et refuse de poursuivre sa relation d’affaires avec l’entreprise de Nicolas Lemieux.

L’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo et l’Union des artistes sont aussi mêlées au dossier. Des griefs ont été envoyés au nom de GSI et de Serge Fiori, mais aucun terrain d’entente n’a été trouvé.

Fiori réclame 245 000 $

L’artiste montréalais demande à la Cour supérieure de résilier son contrat avec GSI pour éviter qu’il ne soit forcé à enregistrer un second album avec la maison de production.

Il veut également que l’entreprise lui verse 238 108,40 $ à titre de dommages et 7070,96 $ pour des frais encourus lors de la préparation d’un rapport comptable.

Malgré plusieurs tentatives, Radio-Canada n’a pas été en mesure d’obtenir la version de GSI ni celle de Nicolas Lemieux.

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