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Sexualité et déficience intellectuelle : un tabou exploré par la danse

Anthony, Gabrielle et Roxane sont trois jeunes adultes qui vivent avec une déficience intellectuelle ou un trouble de socialisation.

Un texte de Valerie-Micaela BainTwitterCourriel

À compter de mercredi, ils monteront sur la scène du Monument-National à Montréal accompagnés de la chorégraphe Maïgwenn Desbois pour présenter Avec pas d'cœur, une œuvre portant sur un sujet tabou : la sexualité des personnes handicapées.

Elles aussi ont des désirs et veulent aimer et être aimées.

« Deux personnes qui ont une déficience eux aussi ont le droit à l'amour, ils ont le droit d'être heureux et d'être avec quelqu'un, et d'avoir toute toute toute le bonheur dans l'amour », résume en riant l'une des danseuses, Roxane Charest Landry.

C'est en constatant les échecs amoureux d'Anthony, qui souffre du syndrome d'Asperger, que Maïgwenn Desbois, directrice artistique et chorégraphe de la compagnie Maï(g)wenn et les Orteils, a eu l'idée de cette chorégraphie mêlant gigue et danse contemporaine.

Avec pas d'coeur présente une série de tableaux sur la maladresse de certaines personnes handicapées intellectuelles dans leur quête amoureuse, leur incapacité à entrer en contact avec l'autre, à percevoir leurs limites.

« Il a fait tellement de tentatives, je l'ai vu se planter plein de fois, je l'ai vu se faire niaiser par des filles, et puis il n'assumait pas non plus son syndrome, il ne le disait pas, les filles finissaient par s'en rendre compte, malheureux, malheureux! », raconte Maïgwenn Desbois au sujet d'Anthony Dolbec. « Ça n'a pas été facile, j'ai dû bûcher un peu pour trouver la bonne personne, et aussi trouver comment m'intégrer à la sexualité », explique le danseur.

La danse amène aussi les interprètes à sortir de leur propre zone de confort en explorant sur scène la découverte du corps, de la sensualité et du plaisir. Anthony Dolbec, Gabrielle Marion-Rivard et Roxane Charest Landry ont dû apprivoiser ces thèmes afin de partager la scène avec leurs collègues.

« C'est sûr que c'est gênant au tout début parce qu'on ne connaît pas la personne, on ne sait pas comment elle va réagir », explique Gabrielle Marion-Rivard, qui a notamment joué dans le film Gabrielle, de Louise Archambault.

Avec pas d'coeur est présenté au Monument-National du 16 au 19 mars.

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